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 Les abîmes [ fic terminée]

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dragonfly
Chaussette de Gemma
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MessageSujet: Les abîmes [ fic terminée]   Sam 17 Sep - 15:29





Alors, voilà une fic qui m'a tenu très à coeur. Au delà de ma passion sur JAG ( et de Mac), j'ai voulu faire passer dans ma fic des émotions, de la souffrance que beaucoup d'adultes et surtout beaucoup trop d'enfants éprouvent malheureusement dans le monde actuel.

Cette fic est avant tout une fic sur Mac, une Mac différente de la série JAG que j'espère vous apprécierez. Mais au-delà de ça, je pense que je parle pour tous ces enfants brisés.

Je dédirai donc cette fic à l'enfance sacrifiée. Vous pourrez trouver cela présomptueux de ma part, mais c'est un sujet qui me tient particulièrement à coeur.

Et avant de commencer, je voudrais remercier deux personnes. Tout d'abord, ma soeur que j'admire profondément pour tout le boulot qu'elle fait et surtout Finou. Un grand merci à toi pour tous tes commentaires sur cette fic. J'avais vraiment la frousse bleue de la poster mais ouah, à voir les merveilles que tu as dites, ça me donne le courage de la faire découvrir aux autres. J'espère que tu es consciente que tu es vraiment une fabuleuse relectrice. Au début, je t'avais parlé d'écrire une seconde fin, mais je ne pense pas que ça suivrait la logique de la fic, tu as raison. Donc, je vais m'en tenir à celle que vous découvrirez (je l'ai quand même un peu remodifiée Finou, mdr)

Mais bon, assez blablatez, je vais balancer la fic ou sinon, je suis encore là demain mdr.
Je vais essayer de la mettre en entier aujourd'hui mais ça va etre chaud vu que je dois prendre mon bus dans 15 minutes lool. Donc, peut-être que vous aurez la fin demain.
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dragonfly
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Sam 17 Sep - 15:30

Peu importe ce que je veux,
Peu importe ce dont j’ai besoin,
Peu importe si je pleure,
Peu importe si je saigne.
Tu me laisses seule.
A présent, sens la piqûre des larmes,
Couler sur le visage que tu as aimé pendant des années





Quartier général du JAG
23h37


Uniquement la lumière du bureau de Grégory Vukovic illuminait le bâtiment du JAG. Seul devant son bureau, il frottait ses yeux pour s’empêcher de sombrer dans un sommeil profond. Quelque chose clochait dans ce dossier mais il n’arrivait pas à déceler ce détail, ce détail qui ferait toute la différence…
Nerveusement, il ferma son foutu dossier avant de s’étendre sur son siège.
Demain, le colonel Mackensie ne ferait qu’une bouchée de lui et du major Hawkins si tout se poursuivait de cette manière. Et question d’honneur oblige, il ferait tout pour ne pas la laisser gagner. Question d’honneur…plutôt question d’orgueil.

« Tu es trop orgueilleux, Greg. Prends garde que cela ne te joue un tour. »

Machinalement, il sortit une photo de son portefeuille et sourit devant l’image.
-Cela m’a déjà joué un tour, Alex, déclara t il en caressant un des visages de la photo. Et plus d’un…

Un léger bruit le sortit de son passé, un bruit strident. Il quitta son bureau et passa le plateau du JAG. Plus personne ne travaillait en cette heure si tardive. En tout cas, ce bruit était une sonnerie de téléphone. Mais de toute façon, les bureaux des officiers étaient certainement fermés, il ne serait donc rien faire de plus que de laisser sonner.

-Ca doit vraiment être urgent, pensa t il alors que la sonnerie se répétait.

Il suivit le bruit et découvrit qu’il venait en fait du bureau du quartier maître Coates. Ce dernier, par contre, lui, n’était jamais verrouillé. Il saisit le combiné.


-Allo ?
-…
-Non, désolé, c’est le lieutenant Grégory Vukovic à l’appareil.
-…
-Oui, c’est exact, elle travaille ici.
-…
-Non, n’oubliez pas que nous sommes à Washington, par conséquent, il faut rajouter quatre heures, ironisa Vic. Il est presque minuit ici.
-…
-Bien sûr qu’elle ne travaille plus, elle doit être chez elle en train de dormir.
-…
-Ah. Et en quoi puis je vous aider ? Je ne vois pas ce que je pourrais faire de plus. Mais pourquoi voulez vous tant lui parler ? Cela ne peut il pas attendre le lendemain ?
-…
-Oh mon Dieu. Je…je vais aller la prévenir, ne vous en faites pas. Donnez moi vos coordonnées. Je me rends de suite à son domicile dans l’espoir qu’elle y est.






Appartement de Sarah Mackensie
00h21


Mac se réveilla en sursaut en serrant dans sa main ses draps de lit. De fines gouttes de sueurs perlaient encore sur son visage alors qu’elle se remémorait son cauchemar.

-Ce n’est qu’un cauchemar, souffla t elle en allumant sa lampe de chevet. Un cauchemar, rien de plus…

Nerveusement, elle passa sa main dans ses cheveux avant de ramener ses genoux vers sa poitrine. Cauchemar, mais tellement réel pourtant. Tellement vrai…

Une petite fille, seule dans cette tempête. Cette petite fille qui restait paralysée alors que la pluie tombait sur elle…et puis…

Mac ne préférait pas y repenser.
-Ce n’est qu’un cauchemar, se répéta t elle. Juste un cauchemar.

Des coups frappés à sa porte la firent sursauter de peur.
Son réveil marquait 00h30. Qui cela pouvait il être à une heure si tardive ?
Elle mit plusieurs minutes avant de se décider ou non à sortir de ses couvertures. Ce n’est pas qu’elle avait peur…enfin, si elle avait peur. Son esprit était encore embrumé dans son songe et que quelqu’un frappe à sa porte à cette heure n’aidait pas à la rassurer.

-Allez marin’s. On a les chocottes, plaisanta t elle en se munissant pourtant de son pistolet.

Arrivée devant sa porte d’entrée, elle regarda à travers l’œil de bœuf avant de soupirer et de poser son arme sur la table basse à proximité.
Qu’est ce qu’il pouvait bien lui vouloir celui-là à cette heure ? Trouver un arrangement pour le procès de demain ? Là, il rêvait ! Elle allait littéralement le massacrer dans ce tribunal, histoire de lui donner une bonne leçon et de prouver sa supériorité sur lui.
Pourtant quelque part au fond d’elle, elle était contente qu’il soit là. Enfin, pas lui spécialement, mais qu’il y ait quelqu’un qu’elle connaissait de l’autre côté de sa porte. Juste histoire d’oublier son cauchemar. Mais cela, elle ne l’avouerait jamais.

-Lieutenant ! Que me vaut l’honneur de cette visite ? ironisa t elle.
-Je ne vous réveille pas, j’espère, déclara t il en s’invitant dans son appartement.
-Non du tout, figurez vous que j’attendais justement votre visite, poursuivit elle sur le même ton en refermant la porte de son loft.

De façon évidente, Vukovic s’était invitée chez elle. Maintenant plus au calme, elle l’observa un peu mieux. Son imper était trempé à cause de la pluie qui faisait rage dehors et il paraissait nerveux, très nerveux tandis que d’habitude, il affichait une attitude suffisante et sûre de lui. Son comportement lui mit la puce à l’oreille.

-Quelque chose ne va pas ? demanda t elle cette fois ci très sérieusement en s’avançant.
-J’ai reçu un coup de téléphone au JAG.
-Vous avez reçu un coup de fil au JAG ? Et… ?
-Enfin, il ne m’était pas destiné. Mac, reprit il gravement. On essaye de vous joindre en vain. Ils ont fait plusieurs tentatives sur votre téléphone mais vous ne répondiez pas. Alors, ils m’ont demandé de venir vous avertir personnellement…
-Mon téléphone ne répond pas ? s’exclama t elle avant de décrocher le combiné et d’entendre une tonalité plate.
-L’orage a dû simplement coupé la ligne, suggéra Vic.
-Quoi Vukovic ? Qui sont ces personnes qui essayent de me contacter en vain ?
-Des infirmières du Memorial Hospital de San Diego. Il y a eu un accident et…

Le sang de Mac se figea. Infirmière ? Hôpital ??? Chloé !!! Mais cette supposition disparut aussi vite qu’elle était venue. Chloé était en vacances avec son père au Canada. En aucun cas, il ne pouvait s’agir d’elle. Mac souffla un instant avant que son cerveau n’émette une nouvelle idée…Cette fois ci, son pouls s’accéléra à mesure que son hypothèse prenait forme dans son esprit.

-Je…non, bafouilla t elle. Ca doit être une erreur, sourit nerveusement Mac en stoppant Vukovic dans sa déclaration. Je n’ai plus personne, plus de famille à part mon oncle à Leavenworth.
-Vous n’avez plus personne ? Mais pourtant, ils m’ont annoncé que votre…
-STOP. Plus un mot, lieutenant, c’est un ordre ! Je n’ai plus personne. C’était certainement une erreur. Retournez chez vous. On se voit demain au tribunal !

Le ton était sec et cassant. Grégory ne comprenait pas. Il avait déjà eu des disputes avec elle et jamais elle n’avait été si nerveuse et désemparée. Elle était comme possédée.
-Mais madame, il ne peut pas exister dix mille lieutenant-colonel Sarah Mackensie aux Etats-Unis qui travaille au JAG! Renchérit il.

…et puis la petite fille sous la pluie restait muette devant la voiture qui arrivait…

A de nouveau revivre son cauchemar, de nouvelles gouttelettes de sueurs firent leur apparition sur le front de Mac. Elle perdait le contrôle, tout comme la petite fille de son rêve. Mais elle ne voulait pas perdre le contrôle ! Non, ça ne se passerait plus jamais comme ça ! Plus jamais ! Elle ne souffrirait plus à cause des autres.

« Je vais être forte, je vais être courageuse. Tout ira bien… » murmura une voix enfantine dans sa tête.
Cette voix la figea. Depuis combien de temps ne l’avait elle plus entendue ? Elle avait cru réussir à la faire taire, mais vingt deux ans après, voilà qu’elle revenait la hanter.

-Lieutenant ! Sortez immédiatement de chez moi ! cria t elle en s’avançant vers lui et en pointant la porte de son doigt. Elle ne voulait plus se souvenir, elle désirait juste oublier. Etait ce trop demander de sa part ?
-Votre mère va mourir d’un instant à l’autre, madame ! cria Vukovic aussi fort que Mac en s’emparant de sa main et en la forçant à sortir de sa torpeur. Reprenez vous, colonel !

Voyant qu’elle se calmait, il relâcha quelque peu son poignet.

-Elle vient d’avoir un accident de route. Son état est critique. Les médecins ne lui donnent pas vingt quatre heures, reprit il plus doucement.

Tout parut tourné à une allure effrénée autour d’elle. Non, cela ne pouvait être vrai…sa mère ne pouvait pas revenir après tant d’années et remettre la pagaille dans sa vie. Non ! Elle ne l’acceptait pas !

-Non…c’est une erreur. Je n’ai plus de mère, renchérit elle en s’avançant vers une fenêtre.
La pluie venait frappé la vitre avec véhémence.

…et la petite fille leva la tête vers le ciel noir pendant que des litres d’eau s’abattait sur son visage. Prise de spasmes, elle pleurait mais personne ne venait pour la réconforter…Seule, elle était seule.

Mac sortit de son rêve en sentit la douce chaleur d’une main sur son épaule. Par le reflet, elle vit le visage crispé du lieutenant. Il ne savait certainement pas quoi dire ou faire. Qui aurait su que faire ? Même elle, elle ne savait pas comment elle devait réagir ? Devait elle se mettre à pleurer, devait elle rester stoïque ? Elle n’avait plus revu sa mère depuis la mort de son père. Et leur précédente rencontre remontait au dernier jour de ses quinze ans. Devait elle éprouver de la peine pour cette femme qui l’avait abandonnée deux fois d’affilée en disparaissant et en ne laissant aucune nouvelle d’elle ? Cette femme qui n’avait même pas eu le temps ou le courage de lui passer un coup de fil pour simplement lui fêter un joyeux anniversaire, un joyeux Noël ou même pour lui souhaiter une Bonne Année. Sa mère ne lui avait jamais accordé de temps. Pourquoi devrait elle lui en accorder ? Pourquoi devait elle être compatissante et lui offrir de l’affection alors qu’elle ne lui en avait jamais donné ? Pourquoi devrait elle se montrer humaine envers un être qui ne l’avait pas été ?

-Mac, je suis désolé, reprit le lieutenant en massant légèrement son épaule.
-Pourquoi ? Vous ne la connaissiez pas et vous ne me connaissez pas ! répondit elle violement en se retournant. N’essayez pas de comprendre ! aboya t elle. Maintenant, sortez de chez moi !

Elle était hors d’elle par ce qu’elle avait du subir à cause de sa mère et ce qu’elle continuait encore à subir à l’heure actuelle…Pourquoi devait elle encore souffrir ?

-Mac, déclara Vic en prenant chacune de ses mains dans les siennes. Vous pouvez pleurer devant moi, je ne le dirai à personne si c’est qui ça vous inquiète…parfois les larmes ont du bons.
-Oh, je vois. Vous jouez au noble chevalier qui veut réconforter la princesse pour obtenir ses faveurs ! Quelles faveurs désirez vous que je vous offre, déclara t elle mielleusement en passant sa main sur sa joue. Mon corps ?

Son geste à connotation érotique le fit reculer de deux pas.
-Non…Mac, revenez dans la réalité ! Ce n’est pas en vous amenant dans votre chambre que vous oublierez les paroles que je viens de prononcer : votre mère est mourante. Arrêtez de faire comme si de rien n’était et que cela ne vous touchait pas ! répondit il froidement.

Mac se retourna de nouveau vers la fenêtre pendant qu’un silence s’installait dans cette atmosphère électrique. Ce silence tellement révélateur de blessures secrètes enfouies sous des montagnes de self contrôle.
Vukovic resta là, planté en plein milieu du salon, hagard, ne sachant pas trop quelle attitude adopter. Peut-être avait il parlé trop cruement. Elle était sa supérieure après tout, elle pouvait lui faire un rapport pour insubordination...

-Je suis désolée pour mon attitude, Grégory. Vous pouvez partir, ça ira.

Il faillit ne pas entendre ses paroles tellement elle les avait prononcées dans un murmure. Un murmure qui avait la tonalité d’un pleur. Il remarqua aussi que c’était là la première fois qu’elle l’appelait par son prénom. Elle ne l’entrevoyait pas comme Vukovic, le lieutenant du JAG qu’elle n’appréciait pas. Si elle en était à ce stade…
-Mac, reprit il doucement en massant ses bras et en la forçant à se retourner.
Il découvrit alors son visage ravagé par des larmes. Il paniqua encore plus. Que devait il faire ?
-Partez, répéta t elle en tournant la tête pour lui cacher ses larmes.

Il ne sait pas pourquoi il le fit, mais il la prit dans ses bras et la serra bien fort contre son torse. Il avait l’impression de réconforter en cet instant une petite fille abandonnée de tous. En quelque sorte, il savait que c’était le cas. La femme qu’il avait devant lui était totalement différente du colonel Sarah Mackensie, tellement si vulnérable.

-Pas d’inquiétude, je suis là, Mac, clama t il. Vous n’êtes pas seule, ok ?
Il ne savait pas trop pourquoi il avait dit ça. C’était la première chose qui lui était passé par l’esprit et en général, ces paroles rassuraient les enfants : savoir qu’ils ne sont pas seuls, que quelqu’un est là pour les aider. Lui, aider quelqu’un ??? C’était le monde à l’envers. D’habitude, il serait parti bien vite, chacun son fardeau sur cette Terre ! Mais voir cette femme si désemparée avait fissuré ses défenses.

-Pourquoi cela me fait il si mal alors qu’elle n’a pas éprouvé une seule once de remord quand elle m’a abandonnée ? Pourquoi est ce que je pleure ? Je ne devrais pas. Pas après tout ce qu’elle m’a enlevé, pleura t elle en resserrant ses mains dans le dos du lieutenant.
-Parce qu’elle reste votre mère et que vous êtes un être humain, Sarah, fit il en déposant un tout léger baiser dans ses cheveux.

Il avait délibérément opté pour son prénom. L’appeler, madame, colonel ou même Mac dans un moment pareil lui paraissait déplacé. Il ne jouait pas le rôle du subalterne ou même de l’ami, il jouait en ce moment un rôle plus intime que cela. Combien de personne avait pu voir cette femme, dont le cœur était barricadé, pleurer ? A qui avait elle offert ce « cadeau » ?

-Je la déteste, vous savez, je la déteste. Je ne l’aime pas, je ne l’aime pas, répéta t elle en tapant son torse de son poing. Elle m’a trop fait souffrir. Pourquoi m’a-t-elle fait ça?

Il ne répondit rien mais la laissa pleurer dans ses bras. Aucune parole n’aurait pu répondre aux questions qu’elle lui posait. En tout cas, lui, ne détenait pas ses réponses. Alors, il allait simplement la serrer dans ses bras, toute la nuit même s’il le fallait. Ca, il était capable de le faire…
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dragonfly
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Sam 17 Sep - 15:31

Quartier général du JAG
Le lendemain


Le visage souriant malgré ses cernes, le lieutenant Vukovic avançait vers le bureau de son supérieur.

-Coates, est ce que le général est là ?
-Il est en réunion avec le Secnav, mais il ne devrait pas tarder à être disponible.
-Ca vous dérange si j’attends ici ?
-Non pas du tout…dites, demanda t elle hésitante, est ce que l’état de la mère du colonel est si critique que cela ? s’osa t elle.
-Les médecins pensent qu’elle ne passera pas la journée…
-Ca doit être difficile pour le colonel d’affronter cela toute seule. Surtout que le capitaine Rabb est occupé avec l’accident de Mattie.
-Je ne vois pas le rapport…
-Disons que lorsqu’il y en a un qui a un problème, l’autre est présent pour l’épauler. Ici pas. Deux âmes sœurs en quelque sorte, l’une volant au secours de l’autre quand le besoin s’en fait ressentir, déclara t elle songeuse.
-Ah…Et c’est ce genre de relation qui vous fait rêver ?
-C’est flatteur d’avoir un super héros comme admirateur, vous ne trouvez pas ?
-Ce que j’en pense ? Honnêtement ? sourit il avant que Coates n’acquiesce. Je préfère ne pas avoir d’âme sœur mais de vivre le vrai amour.
-Mais les deux sont liés !
-Vous le croyez vraiment ?

Jenifer allait poursuivre la conversation lorsque la porte du bureau du général s’ouvrit sur le Secnav que les deux soldats saluèrent au passage. Une fois celui-ci partit, Vic rentra à son tour dans le bureau laissant derrière lui une Jen songeuse.

-Lieutenant Vukovic au rapport, monsieur, déclara t il en se mettant au garde à vous.
-Repos. Quel est l’objet de votre visite, lieutenant ?
-Je désire me rendre à San Diego, monsieur.
-San Diego ? Et en quel honneur ?
-J’ai découvert ce matin un fait troublant sur le dossier de désertion du major Hawkins. Les preuves dont j’ai besoin se trouvent dans les archives du quartier du JAG de la côte ouest.
-Demandez leur qu’ils vous les faxent.
-J’ai déjà demandé, monsieur. Ils refusent, certains dossiers sont classés confidentiels. Je dois m’y rendre en personne si je veux pouvoir les consulter.
-J’ai besoin de vous ici, lieutenant. Avec le colonel en congé, le capitaine Rabb qui travaille à mi-temps, je ne peux pas me permettre de laisser partir un autre élément.
-Qui ira alors chercher ses preuves, monsieur ?
-Et qui défendra votre client pendant votre absence ?
-Le juge Sebring m’a accordé un report d’audience jusqu’à lundi prochain…si je puis me permettre, le bureau est tout de même assez calme en ce moment et je suis d’accord pour mettre les bouchées doubles à mon retour.
-Bon dans ce cas, accordé lieutenant.
-Merci, monsieur, fit il en se mettant au garde à vous avant de quitter le bureau.
-Lieutenant, le somma le général dans son élan.
-Oui, monsieur ?
-Essayez d’avoir des nouvelles du colonel en même temps…elle m'inquiète…
-Ne vous en faites pas, monsieur. J’irai la voir.
-Merci.








En fin de journée
San Diego
Memorial Hospital



Vêtue d’un simple jeans et emmitouflée dans un sweat gris trop grand pour elle, le colonel Mackensie attendait patiemment son café du distributeur, le regard ailleurs, les mains dans ses poches. Bien que les températures atteignaient les trente degrés, la chaleur de son pull ne semblait pas la réchauffer.
Elle n’entendit pas les appels du lieutenant, ce n’est que lorsqu’il se trouva à une distance respectable qu’elle remarqua sa présence. Son visage eut une mimique qui signifiait à la fois : qu’est ce que vous faites ici et je dois être en train de rêver !

-Hello Mac ! déclara t il en lui offrant son plus beau sourire.
-Vous ? Mais qu’est ce que vous…
-Qu’est ce que je fais sur la côté ouest ? la coupa t il. Je dois aller chercher des preuves de l’innocence de mon client au JAG. Alors, je suis venu voir comment vous alliez…
-Votre client ? Le major Hawkins ?
-Lui-même !
-Je l’enverrai à Leavenworth dès mon retour au JAG après-demain !
-Hein ? Après demain ? Déjà ?!? Votre mère est…
-Oh, non. Elle n’est pas morte si c’est ce que vous voulez dire. Voyez vous, les Mackensie ont une façon bien lâche de quitter le monde des vivants. Ils se tairent dans le silence du coma pour ne pas avoir à supporter les reproches de leur fille, ironisa t elle en riant nerveusement d’un rire plus libérateur d’angoisse que de joie….
Je n’ai aucune utilité à rester ici, poursuivit elle. Et de plus, le JAG est en sous effectif ces derniers temps avec le capitaine Rabb au chevet de Mattie. Je pensais prendre un vol pour Washington demain dans l’après midi.

Vukovic soupira en entendant de telles paroles avant de baiser le regard.
-Qu’est ce qu’il y a ? demanda Mac.
-Les personnes dans votre genre sont tellement pitoyables et pathétiques! A faire croire qu’elle garde la tête immergée alors qu’elles sont déjà complètement noyées, alors qu’elles souffrent tant à l’intérieur…
-Pitoyable, pathétique ?!? Moi ? Oh non, on voit bien que vous ne me connaissez pas. La mort de ma mère ne me fait ni chaud ni froid ! Pour moi, ma mère est morte lorsque j’avais quinze ans ! Je ne souffre pas plus que ça, contrairement à ce que vous pourriez penser.
-Les blessures que vous ont imposées vos parents sont visibles à des kilomètres à la ronde. Pourquoi croyez vous avoir tant de mal à construire des relations ? Chaque fois qu’un inconnu vous approche, vous vous mettez immédiatement sur la défensive. Chaque fois qu’un homme vous fait des compliments sur votre beauté, vous l’envoyez balader sans aucune autre forme de procès. Vous savez quoi Mac ? Vous avez eu peur toute votre vie, jamais un instant vous ne vous êtes sentie en sécurité, voilà la vraie vérité ! Vous jouez à la femme dure et rigoureuse pour cacher les faiblesses que vous ne supportez pas. Mais qui essayez vous de convaincre à la fin ? Moi ou vous-même ? fit Vic en s’écartant d’elle.

Mac baissa les yeux vers son café : noir. Le monde était peut être comme cela, sans aucune couleur. En tout cas, pour elle, il l’était.

-Mac, je suis désolé, déclara Vic décontenancé en voyant deux fines larmes sur les joues de sa supérieure.

Machinalement, elle passa sa main gauche sur ses joues et sentit un liquide salé. Oui, elle pleurait. Elle avança en direction du banc le plus proche et s’assit en ramenant à elle ses genoux.
Vic se sentit coupable, coupable pour ses choses horribles qu’il venait de lui dire alors qu’elle était si désemparée. Il savait qu’il avait raison dans ses propos mais il n’aurait pas du lui dire de cette manière. Il s’avança à son tour vers le banc et s’assit à côté d’elle. Il joua quelques temps avec ses mains, cherchant désespérément les mots justes à prononcer. Mais rien ne venait. Il n’aurait peut-être pas du venir la voir…il se sentait complètement inutile et il détestait cela. Pourquoi ressentait il cela? Quel était ce besoin qu’il ressentait de rester auprès de cette femme ?

-Quand j’étais petite, commença Mac dans un murmure, le regard soucieux perdu dans la blancheur du mur. J’étais toujours sur le qui-vive, à avoir peur des réactions incontrôlées de mes parents. Jamais je ne me suis sentie en sécurité sous le toit de ma maison. Je suis devenue adulte bien trop tôt, à créer des systèmes de protection autour de moi : ne pas parler, ne surtout pas pleurer, avoir toujours le sourire aux lèvres.…
-Pourquoi le sourire aux lèvres ? s’osa Vic.

«-Non seulement, la vie est dure depuis que l’armée m’a rejeté mais en plus, il a fallu que cette fille me tombe sur les bras. Elle sourit toujours bêtement comme une idiote… »
« -Joe, c’est de ta propre fille que tu parles ! »
« -Où est elle, d’ailleurs ! Sarah ! SARAH ! Viens foutre la table ! SARAH ! Où es tu ?!?
Tu pourris trop cet enfant, Deannie, tu la rendras feignante ! Et ce foutu chien qui me traîne toujours dans les pattes ! Il commence à m’énerver celui-là !!»


-Plus je pleurais, plus mon père me trouvait arrogante et plus il m’agressait verbalement, rit elle tristement. A l’inverse, lorsque je me montrais souriante et patiente, il arrêtait de m’agresser et portait son attention sur quelque chose d’autre. Quelle que soit la souffrance que j’éprouvais ou la douleur que je ressentais, je devais sourire. Mon père me prenait pour une débile à sourire tout le temps, murmura t elle en ramenant un peu plus ses genoux contre elle, mais il me laissait tranquille au moins.

Le regard de Mac changea, elle venait douloureusement de quitter un de ses souvenirs, un parmi tant d’autres. Pourquoi ses souvenirs refaisaient ils toujours surface ? Elle avait pardonné à ses parents, elle avait écouté le conseil de ce prêtre à Fresno : ne laisse jamais le soleil se coucher sur ta colère…Pourquoi ces souvenirs étaient ils toujours tellement douloureux, pourquoi en voulait elle encore profondément à ses parents malgré son pardon?

-Et votre mère ? s’osa Vic incertain de pouvoir poser cette question.
-Quoi ma mère ?
-Que faisait elle ?

« Sarah ! Apporte moi tout de suite mes chaussures ! »
« Non Sarah ! Reste dans ta chambre !
« Arrête de me contre dire tout le temps toi »
« Non Joe, je t’en prie, pas ça ! »
« Oh Deannie, je suis désolé, je ne voulais pas, pardonne moi »
« Ce n’est pas grave…ça va aller, Joe.»

-Ma mère ? Elle se faisait taper dessus, répondit Mac avant de poursuivre sur un autre sujet. Savez vous ce qu’il a de pire pour un enfant que de voir les deux êtres qu’il chérit le plus se déchirer ?
-Non.
-C’est de voir l’être en qui il avait placé sa confiance l’abandonner. Ma mère et moi, nous faisions front face à la violence de mon père. Mais elle m’a laissée seule, derrière, comme si j’étais un fardeau à ses yeux. Je m’en suis tellement voulue qu’elle ne m’ait pas prise avec elle. Je croyais que c’était de ma faute, que je n’avais pas été la petite fille qu’elle attendait. Je me suis dégoûtée moi même tellement je me sentais coupable. Un déchet, voilà ce que j’étais, s’emballa Mac comme si elle revivait la scène de son enfance. Alors, je me suis retrouvée seule, toute seule. J’allais être courageuse, j’allais être forte…tout irait bien, termina t elle avant de sourire bêtement : Mais tout a été de travers…les choses ne se passent jamais comme on voudrait qu’elles se passent.
-…

Un déchet ? Dégoûtée d’elle-même ? Un enfant de quinze ans tenir des propos pareils…A quinze ans, on s’amuse, on découvre de nouvelles sensations, mais on ne tient pas de tels discours. Mon Dieu, quelle était cette femme si amère qui se cachait derrière l’apparence d’un lieutenant colonel ? Quelles autres cicatrices bien profondes se tairaient au creux de son âme ?
Pour pallier au silence qui s’était installé, Vic prit dans sa main celle de sa supérieure. A ce contact, elle releva la tête vers lui et tomba sur son sourire. Un sourire qui voulait dire à la fois « ça va aller » et « je suis là ». Même s’il ne trouvait pas les mots pour apaiser sa souffrance, sa présence et surtout son écoute réconfortaient Mac quelque part…

-Merci Grégory. Merci d’être là.
-Pas de quoi, Sarah. J’aimerais tellement faire plus.

Mac eut un moment de surprise lorsqu’il l’appela par son prénom. Sarah…qui l’appelait comme ça ? Pour tout le monde, elle était Mac, la femme forte et rigoureuse…Mac, celle qui protégeait Sarah, l’être sensible qui se cachait dans l’ombre. Peu de gens connaissaient et savaient qui était véritablement le lieutenant colonel Sarah Mackensie. Qui le savait d’ailleurs ? Elle n’avait laissé personne rentré dans sa souffrance, même à Harm, même à lui, elle ne s’était jamais confiée totalement. Elle ressentit une émotion bizarre à l’appel de son prénom, comme si pour la première fois, on reconnaissait en elle toutes les facettes de sa personnalité à parts entières, comme si elle ne devait pas jouer un jeu quelconque, comme si elle pouvait tout simplement paraître faible.

-Mademoiselle Mackensie ? l’interrompit un jeune interne.
-Oui, c’est moi, déclara gravement Mac en séchant vite ses larmes.

Le médecin prit une profonde inspiration avant de débuter son analyse. Bon Dieu, il détestait faire ce qu’il allait dire.

-Votre mère…nous n’avons pas réussi à stabiliser son état végétatif. Son coma s’est aggravé et a provoqué la mort cérébrale à 20h23. Nous sommes….désolés, nous n’avons rien su faire…
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Sam 17 Sep - 15:31

San Diego
Memorial Hospital
Chambre de Deannie Mackensie



La valeur d’une personne se mesure t elle au nombre de personnes qui la pleurent à sa mort ?
On dit qu’il est possible de la mesurer ainsi.

Mais si tel était le cas, Deannie Mackensie ne devait pas être aimée. Seule sa fille se trouvait à son chevet, cette fille à qui elle avait prodigué tant de mal. Du mal inconsciemment ou pas…mais le résultat était identique…
En retrait, sur le côté de la porte, Grégory assistait, le regard peiné, à la scène finale qui se déroulait entre une mère et sa descendance. Solennellement, sa supérieure…non, Sarah, caressait du bout des doigts la couverture grisâtre de l’hôpital. Il préférait ne pas penser à elle comme étant sa supérieure. Tout du moins pour l’instant.
Elle s’immobilisa, le regard ancré dans les traits de sa mère. Qu’y voyait elle ? Une enfance gâchée ? Une demande de réponse à ses questions ? Une demande de tendresse ?
Un bruit venant du couloir obligea Vic à se retourner. Une infirmière, une caisse dans la main s’apprêtait déjà à rentrer dans la chambre pour libérer au plus vite le lit pour un nouveau patient. Doucement, il lui demanda d’attendre quelques secondes de plus, Mac avait plus de vingt ans à rattraper en cet instant. Il sortit de la chambre et referma la porte derrière lui. Il valait mieux qu’elle passe seule ce moment, en tête à tête avec sa mère.

Mac serra les pans de son pull trop grand pour elle avec une rage qui lui était inconnue. Pourtant sur son visage, aucune trace de colère n’était dévoilée. Haine ou peine ? Quelle émotion devait elle éprouver ? Tout se bousculait dans sa tête, elle n’arrivait plus à réfléchir. Le voulait elle d’ailleurs ? Deux voix contradictoires menaient une lutte dans sa tête. Une lui quémandant d’éprouver le sentiment de la colère, l’autre le sentiment de la tristesse.

Elle secoua la tête pour faire fuir les voix avant d’examiner les traits de sa mère. Elle était devenue tellement mince depuis leur dernière rencontre, dans cet hospice à Fresno. Ses traits étaient pales et fatigués. Pourtant il émanait d’elle une certaine aura de paix. Si seulement, Mac pouvait se cacher elle aussi derrière ses paupières, fermer les yeux à jamais. Si seulement, elle pouvait oublier son enfance et ses brisures si profondes. Si seulement sa mère était toujours vivante…

-Tu…déclara t elle en tremblant avant de serrer ses dents et de taper ses poings sur le lit. Tu n’avais pas le droit de me faire ça !!! cria t elle à présent en inclinant sa tête. Tu n’avais pas le droit… maman, pleura t elle.

Les sanglots durèrent un certain moment avant que son ton ne s’adoucisse. La petite voix avait choisi d’éprouver le sentiment de la tristesse et de l’amertume des regrets.

-Maman…tu m’as tellement manqué, j’avais si besoin de toi. Pendant toutes ces années, j’avais besoin de ta présence, de tes conseils, de ton affection, de ta protection, de ton amour. Mais tu n’étais pas là. Pourquoi ? continua t elle en enfouissant son visage dans les draps de lit. Je t’aurais tout donné si seulement tu m’avais accordé de l’attention. Je n’ai jamais eu de regard d’admiration de toi quand j’étais plus petite. Jamais. Je voulais tellement que tu soies fière de moi. Mais j’étais…toute seule….tu m’as laissée toute seule…

Une pluie considérée comme bénie par les agriculteurs sévissaient depuis six jours dans le sud de l’Ohio. Aucun touriste n’était venu aujourd’hui, personne n’aurait osé visiter le village avec cette maudite pluie. Vêtu d’une petite robe orange, une fille était assise sur un trottoir. La pluie ne la dérangeait pas, elle coulait le long de son visage de telle manière qu’on ne savait dire si celle ci pleurait ou s’il s’agissait de la pluie.

-Maman, où es tu ? Tout va bien se passer, tout ira bien…je vais devenir forte…je vais être courageuse…tout ira bien…se répétait elle inlassablement en guettant le moindre signe de vie sur la route départementale.

Une petite fille, seule au milieu de cette tempête, au milieu de l’œil du cyclone qui se déroulait dans son esprit. Cette petite fille qui restait paralysée alors que la pluie tombait sur elle…et puis… Et puis elle resta muette devant une voiture qui arrivait.
Seules les deux lumières éblouissantes des phares retinrent son attention. Elle leva ses deux mains pour masquer la luminosité trop violente pour ses rétines. Alors ce fut comme une délivrance.
Et la petite fille leva la tête vers le ciel noir pendant que des litres d’eau s’abattaient sur son visage. Le macadam était si froid et la nuit si noire. Elle essaya de se relever mais une douleur horrible la plaqua sur le sol.

-Ca fait mal. Maman… où est tu ? demanda t elle calmement.
Prise de spasmes, elle pleurait mais personne ne venait pour la réconforter…Seule, elle était seule.



Le regard complètement vide, Mac se redressa du chevet de sa mère. Elle n’avait jamais probablement du savoir que sa fille avait failli mourir le jour de ses quinze ans. Après un combat de quarante jours dans le coma, Sarah avait fini par revenir dans la réalité.

-J’aurais du y rester ce jour-là, déclara Mac froidement. Tout aurait été beaucoup plus simple et moins douloureux. Mais tu vois, si je me suis battue pour rester en vie, c’était pour te revoir, toi, maman. C’était pour que tu me prennes dans tes bras et que tu m’emmènes avec toi, que tu m’emmènes dans le pays dont grand-mère parlait tant. Mais tu n’étais pas là à mon réveil. Il n’y avait que oncle Matt et papa. J’étais vraiment beaucoup trop naïve à l’époque, conclut elle avec une attitude de dégoût envers elle-même.

-Mais c’est fini tout ça. Bien fini ! déclara t elle sur un ton triomphant auprès de sa défunte mère. Je suis devenue quelqu’un de bien et sans ton aide ! Je suis devenue un officier de l’armée américaine sans tes encouragements. On me respecte à présent. Je…j’ai…je…

Mac chercha désespérément ses mots, mais que pouvait elle dire d’autre sur elle mise à part sa réussite professionnelle ? Elle n’avait jamais eu de relation stable, elle n’avait personne qui attendait son retour en fin de journée après son boulot, elle n’avait pas de connaissances en dehors du JAG, elle n’avait pas d’enfant et n’en aurait probablement jamais avec ses quatre pourcents de chance et….et elle avait eu peur toute sa vie, Grégory avait raison, s’avoua t elle tristement.

Chaque fois qu’un homme vous fait des compliments sur votre beauté, vous l’envoyez balader sans aucune autre forme de procès. Vous savez quoi Mac ? Vous avez eu peur toute votre vie, voilà la vraie vérité ! Vous jouez à la femme dure et rigoureuse pour cacher vos faiblesses que vous ne supportez pas. Mais qui essayez vous de convaincre à la fin ?

-Lieutenant colonel Mackensie, froide et rigoureuse, sourit elle en laissant ses bras retomber le long de son corps. C’est tellement plus facile quand les gens me voient comme ça, quand ils n’essayent pas de comprendre.

Elle tourna la tête pour échapper à la vue du corps sans vie de sa mère avant de murmurer.

-J’ai peur maman, si tu savais comme j’ai peur et comme je suis fatiguée…tu as l’air tant sereine à présent, aucune trace de douleur ne se lit sur ton visage. Peut être que la mort doit être considérée comme une bénédiction après tout, peut être que moi aussi, je devrais…
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Sam 17 Sep - 15:32

Hôtel Cerro Negro
Chambre de Sarah Mackensie
San Diego, Californie



-Je vous remercie de m’avoir reconduite jusqu’ici, déclara Mac d’une voix monotone.

Vic l’observa de dos, dans ce pull trop grand pour elle, elle donnait vraiment l’impression d’une petite fille perdue en plein désert et sans aucune boussole pour la sortir de là.
Il avait pensé s’avancer vers elle, lui masser le cou et lui dire des phrases de réconfort du style : Et Mac, je ne sais pas du tout par quoi vous êtes passée, mais vous savez, toutes ces épreuves sont derrière vous, le plus dur est passé. Mais il sourit nerveusement : comme si cela pourrait suffire, comme si une phrase de réconfort pouvait lui faire oublier les questions et les démons qu’elle portait en elle depuis son enfance.
Son attention fut subitement attirée par un puissant halo de lumière provenant de la grande fenêtre coulissante : un orage se préparait et il n’était certainement pas loin. De la chambre, on parvenait à distinguer les vagues sombres de l’océan venir s’écraser lourdement sur la plage alors que les branches des palmiers se pliaient à la volonté du vent.

-J’ai besoin de rester seule, Grégory. Ca ne vous dérange pas ? le supplia Mac en restant toutefois de dos.

Il analysa la situation un moment. Etait ce vraiment une bonne idée que de la laisser seule après l’épreuve qu’elle venait de traverser et surtout avec les répercussions que la mort de sa mère allaient à voir sur elle?
Le ton sur lequel elle avait fait sa demande décida finalement Vukovic à la laisser seule. Elle avait peut-être besoin de se retrouver après tout. Et puis, ils ne se connaissaient pas tous les deux, peut-être se sentait elle gênée d’être dans un état pareil en sa présence. Elle était sa supérieure après tout…

-Ok, Sarah, je suis dans la chambre 462. N’hésitez pas à me déranger pour quoique ce soit. De toue manière, je suis insomniaque, déclara t il doucement.

Il comprit par son silence, son réel besoin de se retrouver seule. Il lui tourna donc le dos et se dirigea vers la porte. Juste avant de poser sa main sur la clenche, il entendit une chanson envahir la pièce. Il jeta un coup d’œil au-dessus de son épaule et remarqua la télévision allumée. Si il avait continué sa route sans se retourner, il n’aurait pu empêcher un drame de se produire. Sans que son esprit ne lui en ai dicté l’ordre, il couru et avala la distance qui le séparait de Mac. Brutalement, il la prit par le dos et la serra fort contre lui, l’empêchant le moindre mouvement.

-Je ne vous laisserai pas faire ça, Sarah !!! Vous m’avez bien compris ! vociféra t il.
-Laissez moi ! cria t elle en se débattant. Vous n’êtes ni ma mère ni mon père !
-Et bien j’agirai comme le frère alors. Donnez moi ça ! cria t il en lui arrachant la seringue des mains.

Une fois l’objet en sa possession, il la libéra de son étreinte et jeta un rapide coup d’œil sur la piqûre.

-Sarah, qu’aviez vous l’intention de faire avec ça ? Vous l’avez pris dans la chambre de votre mère ? Une dose pareille pourrait vous tuer ! Ne me dites pas que c’était votre intention…déclara t il horrifié.
-Pourquoi n’êtes vous simplement pas parti ? Vous ne pouvez pas comprendre ce que je ressens en cet instant, ça fait trop mal, je n’en peux plus ! Laissez moi…s’il vous plait…sanglota t elle.
-Non ! Jamais ! conclut il en allant jeter la seringue dans les chiottes et de revenir.

Tout était trop flou dans sa tête, elle n’arrivait à rien remettre en ordre, pourtant elle avait essayé, mais aujourd’hui, c’était trop difficile pour elle.
Qui était elle ? Une femme officier de l’armée américaine forte et courageuse ? Une petite fille abandonnée sous la pluie qui rêve de retrouver sa mère ? Une alcoolique qui se détruit de l’intérieur ? Une femme qui n’arrive à bâtir aucune relation stable dans sa vie et qui est stérile?

-Tu n’es rien, Sarah ! Rien qu’une seule gamine.

...Je sais…pensait la petite fille en restant toutefois souriante devant son père.

-Tu n’es qu’une salope qui fricotte avec ce bâtard de Chris.

…Mais oui je sais, alors tais toi…tais toi papa, je t’en supplie, ne me dis plus des choses comme ça…priait elle.


Doucement, Mac se laissa glisser sur les genoux en continuant de sangloter.
Qui était Sarah Mackensie ?
Elle porta ses mains à sa tête comme pour chasser ses questions sans réponses. Il fallait que tout cela s’arrête d’une manière ou d’une autre, il fallait en finir avec ses interrogations. Pourquoi Grégory ne l’avait il pas laissé mourir ? Il pouvait ressentir sa souffrance pourtant…

Pris au dépourvu, il s’avança à pas feutré et s’agenouilla à son tour en l’enlaçant dans ses bras.
Elle était dans le même état que la première nuit, celle où il lui avait appris la nouvelle de l’état critique de sa mère : complètement déconnectée de la réalité. Il avait lu quelque part que lorsque trop d’émotions refoulées refont surface chez une personne, celui-ci adopte des comportements totalement décalés par rapport à ses habitudes. Enfin, il avait lu ça dans un magazine féminin, en attendant son tour chez le dentiste…on ne pouvait pas à proprement parler de magazine scientifique.
Mac se calma petit à petit et sa respiration retrouva bientôt la normale. Lentement, il passa ses mains sous ses genoux et la souleva d’une traite pour la déposer sur le lit. Instinctivement, elle se blottit immédiatement en position fœtale, sa tête nichée dans son cou. Il attendit patiemment de longues minutes pour s’assurer qu’elle était réellement endormie. Une fois certain, il prit son Gsm et composa un numéro qui lui était très familier. Mais avant d’appeler, il regarda sa montre : 00h42. Donc, il devait être 9h42 là-bas. Il ne la dérangerait pas pendant la nuit. Il appuya sur la touche appel. Trois longues tonalités retentirent avant qu’une voix féminine ne parle.

-Alexandra Vukovic à l’appareil, je vous écoute.
-Alex, c’est moi…
-Greg ??? C’est toi ? s’exclama la voix.
-Oui…
-Quelque chose ne va pas ? Ta voix a l’air bizarre, s’inquiéta t elle.
-J’ai besoin de tes conseils, grande sœur. Je pense que toi seule pourras m’éclairer…
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Sam 17 Sep - 15:32

San Diego
Hôtel Cerro Negro
Chambre de Sarah Mackensie


Voilà deux heures qu’elle s’était endormie et il n’avait pas quitté une seule fois son attention de la fenêtre.

-Grégory, je ne peux pas m’avancer dans un diagnostic poussé, tu comprends ? Toi-même tu ne connais pas tous les chapitres de son histoire, je peux simplement t’aider à comprendre sa manière d’agir par des cas similaires que j’ai traité. Mais ne prends pas mes conclusions pour des vérités. Je ne serai être juste qu’en l’ayant vue.
-Je t’écoute. Je veux réellement l’aider mais je ne sais pas quoi faire…

Les trois quarts des mots de sa sœur avaient été de parler de « moi » et autres termes qui lui étaient incompréhensibles. Si seulement il pouvait posséder la fibre psy de sa sœur, il arriverait à l’aider…
…Mal-être…insécurisation…difficultés d’insertion dans des relations sociales…acte de rupture…
Ca, il avait plus ou moins compris. Grégory se leva du lit et s’avança vers la fenêtre. Bien qu’il pleuvait toujours, le gros de la tempête s’était dissipé. Quoiqu’il en soit, il en savait maintenant un peu plus sur « le mode de fonctionnement » d’un enfant.

-Greg, n’oublie jamais que les enfants qui ont subi ce par quoi ta supérieure est passée souffre d’une insécurité affective qui provient de l’altération du lien parental et conjugal de ses parents c'est-à-dire la manière dont ses parents s’occupaient d’elle et s’aimaient entre eux. Un enfant s’appuie sur la relation affective avec ses parents pour exister et trouver les modalités relationnelles avec les autres enfants de son âge. L’enfant se construit par un processus d’identification aux attitudes inconscientes que ses parents adoptent face à la réalité. Tu comprends, l’enfant est témoin de la manière dont ses parents sont capables de résoudre les problèmes de l’existence et il va copier leur manière d’agir, de faire face à la réalité. Mais mets toi dans le cas où les parents échouent…Une question va alors hanter l’enfant : « Vais-je réussir là où mes parents échouent ? »
Et ce doute va prendre possession de son être, il va vivre avec cette peur. Soit il ira d’échec en échec soit il donnera toute son énergie dans sa réussite professionnelle. Dans ton cas, je pencherais plutôt pour une femme qui a tout donné à son travail pour atteindre un grade honorable. Mais ses conduites lui seront coûteuses et épuisantes et ton amie doit s’en rendre compte aujourd’hui. Elle est devenue adulte bien trop tôt mais cette pré maturation a favorisé des immaturités ultérieures dans sa vie adulte affective.
-…
-Remets toi à sa place, Grégory. A qui faire confiance et qui croire lorsque ses propres parents, les premiers êtres qu’on aime sont défaillants ? Si ceux qu’on a aimés nous ont abandonné, il en sera de même pour les futures personnes qu’on aimera. Un enfant s’appuie sur ses parents pour grandir. Mais lorsqu’ils sont défaillants ? L’enfant va devoir s’appuyer sur lui-même pour vivre, puiser dans ses propres ressources pour se développer. C’est très dur pour un enfant d’avoir à faire ça car il s’épuisera inévitablement. Voilà pourquoi des adultes qui ont vécu une enfance brisée s’effondrent. C’est parce qu’ils ont épuisés une grande partie de leur ressource à DEVOIR se protéger par leurs propres moyens et à S’ADAPTER à la réalité. Quand ils se réveillent des années plus tard, ils se sentent fragiles à l’intérieur d’eux-mêmes et alors les conduites de dépendance comme la toxicomanie, l’alcoolisme peuvent apparaître ou réapparaître. On peut aussi se retrouver face à des adultes qui se jetteront complètement dans des pseudos relations amoureuses et transitoires. Ils éprouvent des sentiments et de l’attachement mais pas de l’amour. Tu m’avais dit que ta supérieure avait été mariée très tôt dans sa vie et n’a jamais vécu de relations stables. Je pense qu’elle suit ce schéma. C’est la recherche de soi, d’une estime d’elle à travers l’autre, c’est le besoin d’être soutenu qu’elle recherche en vain. Mais pas l’amour, ça serait trop douloureux pour elle si elle devait faire un nouveau deuil d’une personne qu’elle aime. Alors elle évite ce genre de dépendance.
-Ok, mais elle aurait tout de même pu mieux choisir ses petits amis, à ce que les rumeurs disent au JAG…
-Mais justement, un enfant comme elle a éprouvé l’effondrement de l’amour conjugal et parental comme une histoire interne d’anéantissement, son propre monde s’écroule littéralement. Ta supérieure a été dans la perte de ses objets aimés qui représente son père et sa mère. Et cette perte la renvoie à un sentiment d’abandon et à une solitude sans protection. C’est comme si elle avait perdu sa source d’être. Et il y a des chances qu’elles cherchent des partenaires affectifs à l’image de ceux qu’elle a perdu.
-Comme se marier à un alcoolique alors que son père était lui-même un alcoolique.
-Je te l’ai dit Vic, je ne connais pas sa vie, je ne fais que te donner des pistes. C’est toi qui est à ses côtés en cet instant, ça sera à toi de l’aider. Mais n’oublie jamais, c’est parce que les parents s’aiment que l’enfant se sent aimé et c’est à partir de cette relation d’amour que l’enfant se construit son identité. Si pas, il aura une affection fragilisée, insécurisée…Et le problème de cette insécurité créera une vulnérabilité qui pourra apparaître au grand jour des années plus tard. Ecoute la souffrance de ton amie, c’est ce dont elle a besoin pour grandir et se nourrir affectivement…
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Sam 17 Sep - 15:33

San Diego
Hôtel Cerro Negro
Chambre de Sarah Mackensie


Assise sur une chaise en face de la directrice de son établissement scolaire, Sarah attendait patiemment la visite d’une personne importante qui souhaitait la rencontrer elle spécialement. Elle espérait que ce ne soit pas pour l’incident au cours de gym. Elle avait dit qu’elle ne voulait pas se changer, mais le prof l’avait obligée. Et après avoir vu les marques sur ses avant bras, il l’avait emmenée directement dans le bureau de la directrice.
Son père n’était pas comme ça normalement. Il ne l’avait jamais frappée sauf hier soir, il avait bu beaucoup plus que d’habitude. Elle ne sait pas ce qui avait été le pire : recevoir les coups ou recevoir les larmes de son père quelques minutes plus tard. Il avait été tellement désolé, il lui avait même dit qu’il arrêterait de boire et qu’il trouverait un boulot stable pour lui offrir tous les habits qu’elle désirait. Elle aimait son père, celui qui lui racontait toutes ses histoires fantastiques le matin à son réveil. C’était le soir que tout changeait, quand il allait boire l’argent de la famille et qu’il revenait mort saoul. Là, elle avait peur de lui…
La voix d’une jeune et jolie dame la sortit de ses pensées.

-Est-ce ton père qui t’a fait cela ?

La petite Sarah se tortilla sur sa chaise avant répondre tout doucement :
-Non, ce n’est pas papa.



Mac quitta le souvenir de son enfance et rapprocha un peu plus les genoux de sa tête. Depuis combien de temps dormait elle ? Elle l’ignorait. Mais elle avait trop peur de se réveiller et d’avoir à subir le regard du lieutenant Vukovic. Elle avait tellement honte de ce qui s’était passé quelques heures plus tôt, surtout en présence de quelqu’un d’un grade inférieur au sien.
Avait elle honte d’être blessée ? Avait elle honte de ressentir de la douleur ? Avait elle honte d’être sous la pluie ? Avait elle honte de désirer que la nuit ne finisse jamais ? Avait elle honte de pleurer ?
Son corps fit un léger faux bond lorsqu’elle ressentit la chaleur d’une main sur son corps. Mac rouvrit doucement les yeux pour découvrir le lieutenant, le regard perdu dans le vague en train de murmurer les paroles d’une chanson.


In endless rain I’ve been walking (Sous une pluie sans fin, j’ai marché)
Like a poet feeling pain ( Comme un poète ressentant la douleur)
Trying to find the answers (Essayant de trouver les réponses)
Trying to hide the tears (Essayant de cacher les larmes)
But it was just a circle (Mais ce n’était juste qu’un cercle)
That never ends (Un cercle sans fin
)


-Mon cœur est déchiré par cette réponse que j’ai finalement enfin comprise. Mais alors, pourquoi suis-je encore en train de poser la question de ma réponse ?

Au son de sa voix, Vic se retourna et découvrit une Mac réveillée. La tête sur l’oreiller et un bout de son pull dans sa bouche, elle le regardait de ses deux yeux noirs.

-Quelle est la question que vous vous posez ?

Sans cesse la question du docteur McCool résonnait dans sa tête, sans cesse, sur la même intonation qu’il y a cinq mois. Pourquoi choisissez vous toujours d’être seule ? Pourquoi choisissez vous toujours d’être seule ? Pourquoi choisissez vous toujours d’être seule ? Elle voulait crier à cette voix de se taire, de la laisser en paix, mais sans cesse, elle revenait la hanter. Cette voix qui attendait la réponse à sa question. Elle n’en pouvait plus….

-Pourquoi est ce que je choisis toujours d’être seule…
-Et vous avez trouvé la réponse ?
-Depuis toujours je connais la réponse, mais la savoir ne m’aide pas…

« Ecoute la souffrance de ton amie, c’est ce dont elle a besoin pour grandir et se nourrir affectivement… »

-J’aimerais l’entendre, vous sauriez me l’expliquer ? demanda t il déterminé cette fois ci dans ses intentions.

Mac le regarda en biais. C’était la première fois hormis sa psy, qu’un être lui demandait ce genre de requête. D’habitude, les gens étaient assez taiseux en ce qui concernait son passé. Ses amis savaient, non, ils imaginaient ce par quoi elle était passée dans son enfance mais ils ne lui avaient jamais demandé des détails, ils ne lui avaient jamais demandé à ce qu’elle leur raconte ce qu’elle avait éprouvé à ce moment de sa vie. Peut-être avaient ils fait cela par politesse, pour ne pas la mettre dans l’embarras. Mais pourtant, aujourd’hui, elle était heureuse qu’un être lui demande d’exprimer ses émotions.

-Quand j’étais petite, je dépendais des adultes et je détestais cela, fit elle en se relevant du lit. Les adultes, c’était eux qui régissaient ma vie, c’étaient eux qui avaient pourris mon enfance et détruit ma sécurité affective, déclara t elle avec dégoût. Quand je suis enfin devenue une adulte, j’avais tous les atouts pour me protéger moi-même, je ne dépendais plus de quelqu’un. Plus personne n’arriverait à me détruire. Alors, je n’ai jamais tissé des liens d’amitié avec mes camarades dans les marin’s ni avec d’autres personnes dans la vie civile…. Et je me suis rendue compte qu’en agissant de cette manière, j’avais encore créé malgré moi un système de sécurité pour me protéger. A l’époque, je croyais qu’en affichant toujours un sourire, cela calmerait les élans de mon père tout comme je croyais que si je ne laissais personne me connaître, il ne pourrait jamais me faire du mal. Souffrir à cause des autres…j’avais déjà assez donné dans ce domaine.
-Pourquoi ne pas changer alors ? posa t il doucement.
-La rage que j’éprouve envers mes parents est un gouffre sans fin…déclara t elle le regard dans le vide. Jamais je ne finirai de m’ensevelir pour me souvenir, jamais je n’accepterai que le monde change tout autour, jamais je ne sortirai de mon enfance brisée, de cette solitude orgueilleuse qui me résume. Jamais, je n’irai plus loin. Vous comprenez ? Je n’aurai pas la force de changer, Grégory, finit elle sans aucune émotion.
-Quoi !!!! Et pourquoi ne pourriez vous pas posséder la force de changer ?!? C’est facile de dire ça ! Vous n’avez jamais essayé de changer en fait !

Et là Mac s’emballa…

-Mais si j’ai essayé ! Vous ne comprenez donc pas !!! vociféra t elle en se relevant du lit. Chaque fois c’est pareil, ça commence toujours de la même manière : d’abord on fait confiance aux gens puis ils nous sont enlevés d’une quelconque manière ou ils nous font du mal, déclara t elle avec toute la violence possible, laissant transparaître toute l’amertume contenue en elle depuis trop longtemps.
L’abandon de ma mère par peur de mon père, de Dalton pour le profit d’une affaire, de Harm pour se prouver qu’il était encore le meilleur, de Mic par amour, de Webb pour le boulot,…l’histoire se répète inlassablement comme une mauvaise pièce de théâtre : chaque fois que je fais mine de me mettre à nue, je suis bafouée…
-Alors renoncez une bonne fois pour toute et maintenant! C’est aujourd’hui que tout se joue ! Abandonnez vos rêves si vous êtes si pessimiste ! répondit Vic sur le même ton qu’elle.
-Je….
-Mais si Sarah, allez y, partez, quittez tout : votre boulot, vos amis, le capitaine Rabb. Si vous êtes si sûre que l’histoire se répètera, pourquoi ne partez vous pas ? Pourquoi restez vous ? Quel est donc cet espoir qui vous oblige à rester ?
-...
-Je vais réponde à votre place. Parce que la petite fille qui est en vous a un rêve : celui de trouver l’Amour qu’on lui avait détruit, trouver la chaleur d’une mère, trouver la grandeur de la force d’un père. Au plus profond de vous, vous ne voulez pas rester indéfiniment le simple lieutenant colonel Mackensie, la bonne copine dans toutes les situations, celle sur qui on peut compter. Vous n’abandonnez pas car vous conservez l’espoir de rencontrer un homme qui soit sur de lui dans ses sentiments, qui vous protège. Mais… vous avez peur de la trahison et c’est pour cette raison que vous avez choisi d’être seule. Pourtant d’un autre côté, la Sarah Mackensie que j’ai découvert ce soir ne veut pas être seule mais… elle a trop peur de faire confiance aux gens. Vous ne voulez pas vous montrer vulnérable même si vous l’êtes, fit il en la toisant du regard. Alors, vous préférez rester une supérieure, vous préférez vous cacher derrière le titre de colonel Mackensie. C’est paradoxal, n’est ce pas ? Vous ne voulez pas laisser les autres vous connaître mais vous faites trop attention à ce que les autres pensent de vous et vous avez horreur de ça. Vous aimeriez faire taire cette partie sensible en vous que vous détestez tant, car chaque fois que vous l’écoutez, celui en qui vous aviez placé votre confiance vous trahi….Le colonel Mackensie, froide et distante, c’est plus facile pour vous quand les gens vous voient comme ça !
-Taisez vous, Grégory…s’il vous plaît, taisez vous, le supplia t elle douloureusement en posant ses mains sur ses oreilles.
-Sarah…écoutez la petite fille en vous, déclara t il en prenant doucement ses mains dans les siennes. Vos parents n’avaient pas écouté les désirs de cette petite fille et à présent, c’est vous-même qui n’écoutez pas les désirs de cette petite fille. Pourquoi lui interdisez vous d’être heureuse ? Vous vous faites concurrence à vous-même, vous êtes aussi insécurisante que vos parents pour elle. A l’unique différence que cette fois ci, il ne tient qu’à vous d’être enfin heureuse, vous avez ce pouvoir.




Et les heures devinrent des jours…
Et les jours devinrent des semaines…
Et les semaines devinrent des mois…
Et les mois devinrent une année…
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Sam 17 Sep - 15:34

Un an plus tard
Cabinet du docteur McCool
Washington DC


Les tons orangés donnaient à l’obélisque une allure de pureté infinie. Voilà une année qu’elle avait de nouveau franchi le pas de ce cabinet, une année ou tellement de choses s’étaient produites dans sa vie. Aujourd’hui, aucun coucher de soleil ne semblait plus beau que celui dont elle était spectatrice en cet instant.

-Je sais aujourd’hui que mon passé m’a interdit d’être heureuse. Je suis consciente que je ne saurai jamais le pourquoi de l’alcoolisme de mon père, le pourquoi de l’abandon de ma mère, ils ne pourront jamais me donner leur réponse.

Mac détourna alors son attention de la fenêtre et regarda avec détermination sa thérapeute.
-J’ai essayé d’oublier mon passé, de l’occulter de ma vie. Mais c’est terminé à présent, je ne l’oublierai plus, je l’avais longtemps mis entre parenthèse mais la mort de ma mère a été une remise en question pour moi : je n’avais jamais réussi à rendre un homme heureux et je n’avais jamais réussi à me rendre moi-même heureuse. Je ne comprends peut-être pas tout de mon passé, mais j’ai réussi à donner un sens à la mort de ma mère. Grâce à elle, grâce à cet évènement, j’ai enfin réussi à mettre des mots sur mes émotions, j’ai exprimé à haute voix mes évènements traumatiques et ça m’a fait un bien que je me croyais inaccessible. Parler de ce que j’avais vécu m’a libéré d’un énorme poids. Aujourd’hui, je sais que je peux enfin rebondir sur ses évènements traumatiques vers quelque chose de positif, je sais que je peux être heureuse. Et cela, je le dois à deux personnes.
A vous, d’abord, à vous et à nos séances où vous m’avez guidée, écoutée, conseillée. Mais je le dois aussi à quelqu’un d’autre. A quelqu’un qui m’a accompagné jusqu’ici lors de notre tout premier entretien, qui a été patient et à mes côtés dans chaque épreuve difficile, qui a toujours fais en sorte qu’un sourire reste sur mon visage. A quelqu’un qui a réussi à me donner une estime de moi. A quelqu’un qui a été l’épaule sur laquelle je pouvais me reposer. A la personne qui est derrière cette porte en cet instant même, en train de m’attendre pour me reconduire chez moi. Il est à côté de moi depuis une année et pour la première fois de ma vie, je suis enfin prête à dire à quelqu’un qu’il n’y aura jamais que lui dans ma vie que je désirerai. Je sais que c’est lui l’homme qui réussira à me rendre heureuse.
-Alors, dites le lui tout simplement, Sarah, sourit le capitaine McCool contente de voir enfin la félicité régner sur le visage de sa patiente.
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Sam 17 Sep - 15:34

Trente minutes plus tard
Périphérique de Washington


Absorbée dans les souvenirs de l’année écoulée, un fin sourire planait sur le visage de Sarah Mackensie. Elle avait pu goutter avec délectation aux joies du bonheur et ce bonheur ne semblait pas prêt de se terminer.

-Tu n’as pas encore prononcé un seul mot depuis qu’on a quitté le cabinet du docteur McCool. Tu es sûre que ça va ? s’inquiéta son ami en prenant la direction de Georgetown.
-Oui. Ca va même très bien. McCool ne m’a pas programmé un autre rendez vous…
-Est-ce que ça veut dire que….
-Oui, ça veut dire que je me sens enfin en paix avec moi-même. J’ai réussi à comprendre et à donner une signification à pas mal de choses cette année…
-Je suis tellement fier de toi, pour les montagnes que tu as réussi à franchir.

Mac sourit alors gentiment.

-Pourquoi ris tu ? s’osa t il.
-Parce que j’aime quand tu fais ça.
-Quand je fais quoi ? s’inquiéta t il en l’observant.
-Quand tu dis que tu es fier de moi, quand tu me donnes une haute estime de moi, répondit elle honnêtement en se plongeant dans l’océan de ses yeux bleu.
-Tu le mérites, Sarah, lui sourit il en reportant son attention sur la route.
-Je t’aime Grégory.

Un crissement de pneu se fit entendre dans les rues du quartier. Le corps de Vukovic se projeta de quelques centimètres en avant du à ce trop brusque freinage. Lentement il tourna la tête vers son côté pour voir s’il avait rêvé ou non les doux mots qu’il venait d’entendre. Mac le regardait avec un large sourire sur son visage et doucement elle avança sa tête vers la sienne pour déposer un léger baiser sur ses lèvres. Ses lèvres étaient chaudes, douces et profondément exquises. Quelques secondes plus tard, elle se détacha de ce contact chaleureux pour poser son front contre le sien.

-Tu es la seule personne mise à part ma thérapeute que j’ai fait rentrer dans ma douleur. Je t’ai montré la femme fragile, vulnérable qu’aucun autre ne connaît et tu es le seul à ne jamais m’avoir trahie. Tu as été mon confident à San Diego et mon sauveur en m’empêchant de mettre un terme à ma vie. Mais tu ne t’es pas arrêté là, à notre retour, tu m’as conseillée une thérapie, tu as gardé ton rôle de confident et de sauveur. Tu n’es pas parti. Tu ne m’as pas abandonnée, chaque jour, tu étais chez moi pour me remonter le moral. Tu as détruit une à une les peurs qui m’empêchaient d’avancer. Je ne sais pas ce qui s’est passé en moi mais te voir me respecter, me complimenter, attendre patiemment le temps que je soigne les plaies de mon enfance, ça m’a beaucoup ému. A chaque moment que nous passions ensemble, ta seule présence réussissait à me redonner le moral et le sourire, à me procurer la force nécessaire pour revivre les émotions de mon passé. Ensuite je me suis surprise, sourit Mac… à chaque fois qu’on mangeait chez moi le soir, chaque fois que je me blottissais dans le refuge que j’avais trouvé dans tes bras, j’avais peur. Peur que cet instant finisse, peur que minuit arrive et que tout disparaisse. Tu es rentré aussi subitement que subtilement dans ma vie et aujourd’hui…je ne veux pas que tu en sortes, je veux que tu restes, je veux que tu poses tes mains sur moi, je veux connaître la sensation de tes lèvres déferler sur ma peau. Je suis tombée amoureuse de toi, tout simplement.

Vic sourit avant de caresser le visage de Mac et de commencer à embrasser ses joues, ses tempes jusqu’à redescendre ses lèvres qu’elle accepta dans un nouveau baiser. Mac ferma les yeux et le suivit, prisonnière consentente de tout ce qu’il offrait, elle le suivit dans ses soupirs, dans chacun de ses frémissements, goûtant chaque recoin de sa bouche.

-On devrait peut-être rentrer, murmura t elle en s’écartant légèrement de lui.
-Je ne sais pas si je pourrai attendre jusqu’à chez toi, sourit il en capturant à nouveau ses lèvres.
-Hum, déclara t elle doucement. Je n’ai pas envie d’être dérangé dans quelques minutes par un policier qui nous dira qu’on bloque le carrefour, rigola t elle.

A cet élan de lucidité, il s’écarta d’elle en lui souriant et reporta son attention sur la route avant d’observer Mac à nouveau.

-Tu te souviens, la première fois que l’on s’est croisé et que je t’ai dit que j’étais le nouveau ?
-Oui, fit Mac. Tu m’étais littéralement rentré dedans cette fois là.
-Je me souviens parfaitement de la scène, tu m’avais lancé un regard malicieux, et…ça m’avait fait quelque chose, quelque chose que je n’avais jamais ressenti auparavant. Puis quand je t’ai vue pleurer, dans ton appartement, ça m’a fait mal. Mal comme si c’était à moi qu’on enfonçait une dague bien profonde dans l’âme. C’était la première fois que j’éprouvais ce genre de sentiments pour une personne autre que moi. Sarah…dès que j’ai découvert en toi tous les trésors cachés que tu renfermais, j’ai su que je ne saurai jamais te quitter. Cette année passée à tes côtés fut la plus belle de ma vie. Mais ici, tu viens de m’offrir un présent encore plus beau, tu m’as offert l’opportunité de faire de cette année une éternelle continuité. Et je m’engage à t’offrir un éternel Amour, à t’offrir la chaleur des bras d’une mère et la grandeur de la force d’un père.

Il lui afficha alors son plus beau sourire.

Je suis enfin heureuse, pensa t elle. Bien qu’elle avait encore une tâche à accomplir avant de se jeter complètement dans son avenir…
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Sam 17 Sep - 15:35

Appartement de Harmon Rabb Junior
Union Station
Washington




Mac verrouilla les portières de sa corvette avant de se diriger vers l’immeuble de son ami. Combien de fois était elle venue dans cet appartement ? Pas si souvent que ça quand elle y repensait. Harm et elle, c’était la plus grande question de sa vie… avant la mort de sa mère. Tous les évènements qui s’étaient déroulés après cette date avaient un tant soi peu changé sa vision de la vie et l’importance de certaines choses.
Elle gravit les quelques marches jusqu’à son étage. Elle se sentit particulièrement seine lorsqu’elle frappa trois coups distincts à sa porte.


Harm fut agréablement surpris de découvrir son amie de l’autre côté de la porte.
-Mac, lui sourit il. Vous étiez de passage dans le quartier ?
-Non, je voulais venir vous voir, pour discuter.

Il ressentit dans ses paroles le sérieux de sa venue. Il s’effaça de la porte d’entrée et la laissa s’installer sur un des tabourets de la cuisine.

-Je vous offre quelque chose à boire ? demanda t il en se dirigeant vers le frigo.
-Une limonade fera l’affaire.

Tout en lui servant son verre, il lui jeta quelques coups d’oeils. Elle avait l’air différente, différente de la Mac qu’il avait côtoyé pendant neuf années. Elle ne semblait plus mener un combat au fin fond d’elle-même.

-Vous disiez que vous vouliez me parler ? s’osa t il.
-Oui. J’aimerais vous expliquer tout ce qui s’est déroulé dans ma vie depuis une année.
-Je vous écoute, répondit il gravement en s’asseyant à ses côtés.
-Il y a un peu plus d’un an, ma mère a eu un violent accident de la route. C’était la nuit où j’étais venue vous rendre visite à l’hôpital, lorsque vous vous trouviez au chevet de Mattie.

Harm acquiesça.

-Je suis allée seule à San Diego. J’aimerais vous dire qu’à l’époque, je ne vous avais pas prévenu pour ne pas vous apporter un nouveau fardeau sur vos épaules. Je croyais pouvoir m’en sortir seule, je croyais être assez forte comme une marin’s pour surmonter cette épreuve. Mais je ne l’étais pas. La mort de ma mère m’a permis de revivre mes émotions passées. Ces émotions que j’avais banni de moi pendant tant d’années, que je combattais pour mettre sous silence alors que je me perdais un peu plus chaque jour. Et j’ai du affronter tous mes souvenirs, tous mes évènements douloureux en une seule fois. Mais c’était trop pour moi, alors j’ai essayé de me suicider…

Le sang de Harm fit un faux bond au nom du mot « suicide » et son regard se fit plus insistant sur son amie.

-Ne vous inquiétez pas Harm. Je suis belle et bien en vie aujourd’hui. Je suis venue vous dire que cela fait un an que je travaille sur moi-même. Revivre toutes mes émotions passées ne m’a pas permis de changer mon passé, mais c’est moi qui aie changé au fur et à mesure que les jours passaient. Et aujourd’hui, pour la première fois de ma vie, je suis entièrement sereine et en paix envers moi-même. Je ne me bats plus contre la partie sensible en moi que je détestais tant, je l’écoute et je me laisse bercer par elle. Je suis prête à construire quelque chose et à sauter le pas avec un homme. Je suis prête à le rendre heureux et à être moi-même heureuse.

Jusque là rester muet, Harm lui sourit en prenant sa main dans la sienne.

-Je suis heureux pour vous Sarah. Vraiment heureux.
-Je suis surprise, sourit elle. Je croyais que ça serait plus difficile que ça de venir chez vous.

Harm se leva du tabouret et s’assit dans son salon. Au fond de lui, les émotions se bousculaient. Machinalement, il prit sa guitare entre ses mains pour se donner contenance.

-Je ne suis pas surpris moi, commença t il. Ne croyez pas que personne au JAG n’ait observé le changement qui s’opérait en vous. Tout le monde est d’accord pour dire que vous n’avez jamais été aussi épanouie qu’en ce moment. Et tout le monde a aussi vu le lien fort qui s’est construit entre vous et le lieutenant. Au début, je prenais ça pour une forme d’enseignement entre vous deux, vous le considériez comme votre jeune disciple. Puis, j’ai finalement compris qu’il était en partie responsable du sourire que vous affichiez jour après jour.

Mac fronça les sourcils et regarda avec intensité son collègue. Par contre, Harm n’arrivait pas à lever son regard vers celui de son amie, il préférait garder son attention sur la guitare. Si il la regardait, il ne sait pas si il aurait la force de poursuivre. Pourtant, il devait lui aussi lui parler…

-Les petites tapes sur les épaules, les regards que vous échangiez. Je pense que j’ai compris beaucoup plus vite que je ne le croyais ce qui commençait à naître entre vous deux.

Harm s’arrêta alors, le temps de pousser un soupir, puis il puisa dans tout son courage pour poursuivre.

-Vous savez…je vous ai détesté, vous et le lieutenant, admit il. Je vous ai détesté parce que vous aviez réussi à passer à autre chose. Inconsciemment, je vous en voulais d’avoir été de l’avant, d’avoir surmonté les traumas de votre passé et je vous en voulais aussi de… m’abandonner. J’avais encore garder l’espoir illusoire que vous et moi, nous…la fin de sa phrase se perdit dans un silence avant qu’il ne continue…Jusqu’à ce que je découvre que c’était à moi que j’en voulais. Je reportais ma haine sur vous deux, mais en fait, c’était moi que je détestais. Je me détestais pour ne pas avoir eu le courage d’affronter mon passé une bonne fois pour toute. Jusqu’à ce que je comprenne que moi aussi, je pouvais changer, la décision ne tenait qu’à moi. Alors, j’ai décidé de m’effacer et de vous laisser partir, de vous voir heureuse sans que j’en sois la cause. D’ailleurs, je ne pense pas que j’aurai réussi à vous épauler comme Vukovic l’a fait.

Mac se leva à son tour de son tabouret et vint s’agenouille juste en face de Harm. D’un léger mouvement, elle souleva son menton et le regarda avec attention.

-Oui, je suis amoureuse de Grégory comme je n’ai jamais aimé personne. Mais Harm… J’ai toujours eu une relation proche avec vous, très proche même. Mais malgré notre proximité, je ne vous ai pas confié mon passé, je ne vous ai pas laissé voir la femme souffrante en moi. Grégory est la seule personne à avoir eu accès à ma douleur et ce lien très fort nous a rapproché, il m’aime et il connaît tout de moi. En repensant à vous et à moi, je me suis rendue compte du pourquoi de notre proximité durant toutes ces années, de cette entraide entre vous et moi. J’ai compris pourquoi c’était à la vie et à la mort nous deux et pourquoi ça ne serait jamais de l’Amour. Nous avons le même problème, Harm. Nous avons tous les deux une problématique d’abandon, nous avions mis en place les mêmes mécanismes de défense autour de nous. Inconsciemment notre souffrance identique nous a rapproché dans les épreuves que nous avons traversées ensemble. Mais ce n’était pas de l’Amour que j’éprouvais pour vous. C’était de la fascination mêlée à l’admiration et à l’amitié. Vous étiez mon âme sœur et vous le serez toujours Harm, mais vous n’êtes pas celui avec qui je veux partager mon futur. Je pense que je l’ai toujours su. Au Paraguay, je l’avais déjà ressenti au plus profond de moi que nous deux ça ne marcherait jamais. Nous étions trop occuper à combattre les émotions et les souvenirs que nous détestions en nous que pour s’aider mutuellement à vaincre nos démons.
-Sarah, pourquoi ne m’avez-vous jamais confié vos peurs ? Dites le moi s’il vous plaît. Je veux savoir ce que j’ai fait de travers…
-Parce que j’ai toujours eu de vous l’image d’un héros. Je pense même que vous avez été mon héros pendant tout un temps. Et je pense aussi que j’étais jalouse de vous, jalouse de ne pas réussir aussi bien que vous. Alors, je me suis montrée rigoureuse et forte pour essayer de revenir à votre niveau et de vous dépasser. Je ne pouvais pas vous expliquer ma souffrance dans une telle position, je croyais à l’époque que cela me rendrait encore plus vulnérable à vos yeux et me rabaisserait.
-Je suis désolé, Mac. C’est moi qui aie mis cette compétition entre nous dès notre premier procès.
-Non, Harm. Ne soyez pas désolé, ce n’était en rien votre faute. C’était juste une question de destin…et je pense qu’aujourd’hui, il faut laisser le destin suivre sa route…

Un silence apaisant remplit la pièce. Ce silence qui réparait tout doucement tout le mal que ces deux êtres s’étaient fait pendant neuf années.

-Harm, je voulais vous dire autre chose aussi, poursuivit elle hésitante.
-Je vous écoute, Mac.
-J’ai décidé de quitter l’armée.
-QUOI ?

Le mot était sorti tout seul de la bouche de Harm. Ca ne pouvait pas être possible. Les marin’s, c’était toute sa vie, c’était sa ligne de conduite. Elle ne pouvait pas partir.

-Mais Mac, l’armée est votre famille.
-Plus à présent. Greg et moi avons décidé d’adopter un enfant. Je sais que je ne pourrai probablement jamais donner la vie, mais je sais que je peux rendre la vie d’un enfant meilleure.
-Et c’est pour cette raison que vous désirez quitter l’armée ? Vous allez arrêter de travailler et devenir une femme au foyer ? Ca ne vous correspond pas, Mac. Vous ne serez pas être heureuse en arrêtant de travailler, vous êtes trop active pour cela.
-Non, je continuerai à travailler. Une ONG m’a proposé un poste d’avocat. Mes connaissances dans le droit militaire leur seront précieuses pour des pays dans lesquels des forces armées sont encore présentes. Mais ce n’est pas pour cette raison que je décide de quitter l’armée. Pendant de nombreuses années, l’armée m’a permis de me cacher derrière mon uniforme. L’armée est une institution sécurisante : jamais un officier subalterne n’osera vous contredire, ne cherchera à déceler la souffrance en vous. Quelque part, mon grade me rassurait, cachait mes souffrances et ma sensibilité que je détestais tant. Pourtant inconsciemment, je rêvais d’exploser, de crier au monde entier ce que je ressentais. Et mon rêve s’est réalisé avec la mort de ma mère. Pour la première fois, j’ai parlé, je me suis libérée, je me suis soulagée. Aujourd’hui, je n’ai plus besoin de mon uniforme et de sa protection. Et puis, sourit elle, j’avoue que j’ai hâte de découvrir les nouvelles sensations que mon nouveau job m’apportera.
-Je comprends Mac. Je comprends à présent. Mais ça va faire un sacré vide au JAG sans vous.
-Oh arrêtez. Sans moi, le poste de JAG vous est tout destiné, rigola t elle.

Cette plaisanterie eut l’effet de le faire sourire. Il se releva alors et Mac fit de même. Il baissa la tête pour rencontrer le visage de quiétude de son amie. A cet instant, il comprit qu’elle avait fait le bon choix.

-Je garderai en mémoire tout ce que nous avons partagé Mac, murmura t il en la serrant fort dans ses bras.
-Moi aussi, Harm, déclara t elle au bord des larmes. A jamais vous resterez mon âme sœur.
-On est deux à pleurer aujourd’hui, rit il.
-Harm, déclara t elle doucement en resserrant ses mains dans son dos. J’ai une dernière requête à vous demander. Vous souvenez vous de la promesse que vous m’aviez faites à la naissance d’AJ ?
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Sam 17 Sep - 15:35

Onze mois plus tard
Quartier général du JAG




Le vent d’automne faisait virevolter les feuilles mortes sur le parking du JAG. Une femme en tenue décontractée sortit de sa voiture, le regard parcourant la devanture de l’imposant bâtiment.

-Tu vois mon cœur, murmura t elle en recouvrant sa petite fille, c’est ici que maman a travaillé pendant dix années et qu’elle a rencontré papa. Aujourd’hui, on va lui rendre une petite visite, d’accord ?

Elle marcha alors heureuse vers les portes d’entrées du JAG en fer forgé. Elle se revit quelques années plus tôt…

-Merci. D’avoir cru en moi.
-Vous m’en avez quand même fait voir de toutes les couleurs !
-Oui, mais vous êtes resté auprès de moi.


Je te dois vraiment beaucoup Harm, se mit elle à penser en continuant sa route vers l’ascenseur.

-Alors, tu vois ici, c’est l’endroit où Bud était enfermé pendant la naissance d’AJ Junior.
Sa petite fille la regarda alors avec insistance, ne comprenant sans doute pas ce que sa mère lui disait. Elle fit une petite bulle en poussant un petit cri de joie.

-Oui oui, on va bientôt voir papa, mon cœur.

Lorsque les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, elle reconnut de suite les couloirs qu’elle avait quittés quelques mois auparavant. Elle reconnut aussi certaines personnes qui par force d’habitude la saluèrent, comme si elle était encore leur supérieur. D’autres visages par contre ne lui étaient pas familiers.

-Ca vous fait quoi de revenir ici, Sarah ?
-Le même sentiment que vous ressentez en cet instant, Harriet.

Harriet lui sourit en retour. Elle avait été fort surprise en découvrant les nouveaux projets de son amie il y a quelques mois. Mais force était d’admettre que Mac avait eu raison de faire ces choix. Juste pour le sourire permanent qu’elle affichait, elle avait eu raison.
La première personne qu’ils croisèrent fut le capitaine Sturgis qui fondit comme de la neige au soleil devant le visage de la petite fille.

-Elle est trop craquante, Mac. Vraiment un magnifique bébé.

Bud arriva à son tour, suivit de Coates et même du général Creswell suivit d’autres personnes du staff. Jusqu’à ce que deux voix se firent entendre dans le couloir.

-Deux mois de prison et cinq mois de réduction de salaire !
-Vous croyez au saint esprit, capitaine ! Jamais ma cliente n’acceptera de payer pour un crime dont elle est innocente, ironisa Harm.
-Et bien, nous nous verrons en cour martiale alors, monsieur, insista Grégory jusqu’à ce qu’il aperçoive ses deux déesses sur la plateau du JAG.

De mode professionnel capitaine de corvette, il était passé en mode parent et époux protecteur.

-Hé, je ne savais pas que tu avais l’intention de venir avec la petite princesse, sourit il alors que sa fille capturait un de ses doigts dans sa petite main.
-Elle avait envie de voir son papa, sourit Mac en lui tendant leur fille.
-Bonjour, ma puce, fit il en lui déposant un léger baiser sur sa joue. Pour toute réponse, la petite fille lui sourit. Elle est déjà sous mon charme, déclara t il fièrement. Hein, mon cœur. Papa t’aime.
-C’est toi qui est sous son charme, Vic, admit Harm en le voyant totalement gâteau devant les yeux noirs de sa fille. Fais attention, elle saura obtenir tout de toi plus tard.
-Je pense que le parrain est dans la même situation que moi, rigola t il en tendant le bébé à Harm.

Instinctivement, Harm prit la fille et la porta en l’air.

-Je ferai de ce petit bout de choux la meilleure pilote de l’aéronavale. Ouais, Layla, tu deviendras la meilleure.

Pour toute réponse, la petite fille émit un rire joyeux

-Harm, déclara t elle doucement en resserrant ses mains dans son dos. J’ai une dernière requête à vous demander. Vous souvenez vous de la promesse que vous m’aviez faites à la naissance d’AJ ?
-Bien sûr Mac.
-Etes vous toujours d’accord pour la tenir ?
-Je ne comprends pas…
-Greg et moi allons adopter une petite Irakienne et j’aimerais que…enfin j’aimerais que vous soyez son parrain. Enfin, si vous trouvez ça trop déplacé, je comprends que vous refusiez.
-Non Sarah, rien ne me ferait plus plaisir. Et comme ça, je pourrai enfin tenir ma promesse…


Grégory déposa un léger baiser dans les cheveux de Mac.

-Je t’aime, murmura t il dans son oreille. On leur dit pour la bonne nouvelle, s’osa t il en posant sa main sur le ventre de Mac.
Elle regarda son époux en repensant à d’anciennes paroles :

« Et je m’engage à t’offrir un éternel Amour, à t’offrir la chaleur des bras d’une mère et la grandeur de la force d’un père. »

Il avait tenu sa promesse. La petite Layla grandirait avec l’Amour de deux parents, avec toute la sécurité qu’ils allaient lui offrir. Grégory allait faire un merveilleux père et elle, une merveilleuse mère. Et bientôt, un autre petit ange viendrait agrandir leur famille.

-Oui, annonçons leur que notre bonheur va s’agrandir, déclara t elle en l’embrassant tendrement.

Oui, tout était bien, rien n’avait été de travers en fin de compte…les choses s’étaient passées comme elle rêvait qu’elles se passent trente ans auparavant.

Dans un soleil éclatant, une petite fille sourit avant de marcher joyeusement avec ses deux parents lui tenant ses mains. Son sourire était éclatant. Sa sécurité affective s’était enfin reconstruite après toutes ces années de solitude. La pluie ne viendrait plus la hanter…
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lilyrose
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Dim 18 Sep - 22:02


ta fic est magnifique mais si je suis une shipper
je ne sais pas comment tu fais pour decripter aussi bien les émotions de Mac mais félicitation
et à quand la prochaine
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Lun 19 Sep - 14:03

Trop magnifique ta fic. Je shipper à fond, mais là c'est trop bien écrit.

Bravo tu fais superbement ressortir les émotions de Mac. J'ai d'ailleurs eu plus d'une fois les larmes aux yeux tellement tu écris bien.

Encore bravo pour avoir poster cette fic et pour nou savoir permis de la lire.

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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Mar 20 Sep - 0:11

Une fic magnifique, tu as encore du passer des heures pour les détails sur l'état psychologique de Mac et des perso mais c'est une fois de plus une pure merveille...

C'est bizarre mais Vi qui appelle sa soeur pour des info en psycho ca m'a fait penser a toi...lol On se demande pourquoi.

Un vrai plaisir en tout cas que de lire cette fic, même si elle n'était pas shipper Harm / Mac je l'ai trouvé passionnante.

J'espère qu'on aura l'occasion de lire prochainement une de tes fics.

_________________
PROCHAINEMENT... Quand elle sera écrite... lol

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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Mar 20 Sep - 14:51

Outin Dragonfly tu l'as fait enceinte Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Very Happy Voilà je l'ai lu avec les modifs que j'ai repéré tellement que je connaissais celle que tu m'as passé par coeur loool et c'est WOUAH Shocked Déclaration de Harm thumright Tu sais que j'ai adoré grave !!! Merci à toi de m'avoir permis d'être ta relectrice, et chui touchée par ce que t'as dit Sad LOL C'est et sera tjs un immense plaisir et honneur ! d'être ta relectrice Rolling Eyes Surprised Mr.Red
Bon si je continue je te refais mon analyse des modifications mais na tu sais ce que j'en pense et c'est parfait, magnifique... Sad Sad Sad
Merci infiniment de l'avoir écrit, une fic entière sur Mac, le pure bonheur, malgré qu'elle ne soit pas shipper H&M, tu as su qd même (du moins pour moi) me faire aimer Vic et d'être contente pour eux deux
et j'en veux plein d'autre des comme ça Very Happy loool

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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Mar 20 Sep - 17:20

durant toute la fic, j'étais partagée entre le sentiment d'adorer cette fic si bien écrite et qui décryptait si bien Mac, et mon côté absolutely shippeur (Mac avec Vic, non mais ça va pas la tête!!!)
tu viens de créer une tempête dans mon esprit ! ouille j'ai mal à la tête! lol
merci pour ce pur moment de bonheur!
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Sam 24 Sep - 19:03

Merciiii pour tous les commentaires

Je suis super contente que ça vous ait plus. J'avais peur que comme ce soit pas une fin shipper que vous soyez déçues par la fin et que vous oubliez tout le reste de la fic centrée sur Mac.
Ca m'a prit assez bien de temps cette fic. Enfin, pas vraiment pour l'écriture mais pour réfléchir et surtout me renseigner sur la maltraitance des enfants pour dire de faire quelque chose de "valable" même si j'aurais aimé décrire une séance McCool/Mac (halala, j'ai trouvé un bouqin d'un pédo psychiatre trop trop bien qui explique des actes que Mac a fait elle aussi pendant son adolescence), mais ça aurait fait trop traîner la fic en longueur du côté psychologique. Voilou, l'enfance maltraitée est un sujet qui me passionne depuis plusieurs mois et le passé de Mac était une façon comme une autre de laisser entrevoir ce que la maltraitance peut avoir comme répercussion chez les enfants et les adultes qu'ils vont devenir plus tard.

Pour la fin pas shipper, désolée, honnêtement, j'avais essayé d'écrire une deuxième fin shipper avec Mac et Harm mais ca m'a été réellement impossible pour plusieurs raisons.
D'abord, pour moi qui ne suis moi-même pas shipper du couple Harm/Mac. Mais aussi, ma soeur (qui fut aussi ma relectrice mdr, ben quoi, faut profiter de la spécialisation de chacun lool) m'a fait remarqué certains points sur la série et sur Mac et Harm qui ont fait que je ne pouvais pas les mettre ensemble ou j'aurais vraiment fait passer les lecteurs pour des imbéciles et ça, je ne le voulais en aucun cas. Et puis, Finou m'a finalement convaincue en aimant la fin que j'ai publiée même si son coeur shipper en a pris un tit coup (au passage tu dois être sado maso Finou parce que chaque fois tu sais plus ou moins que je vais pas mettre Harm et Mac ensemble lool).


J'ai trouvé un peu le courage de la poster sur Jagfashion même si je ne sais pas si l'accueil sera aussi chaleureux qu'ici...


Je terminerai en disant "Les parents, ils nous donnent nos racines...mais ils nous donnent aussi nos ailes"


Encore un grand merci à vous
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dragonfly
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Sam 24 Sep - 21:29

ALors, je vais faire un GRAND EDIT sur ce que j'ai dit plus haut, surtout concernant une phrase.

Citation :
Pour la fin pas shipper, désolée, honnêtement, j'avais essayé d'écrire une deuxième fin shipper avec Mac et Harm mais ca m'a été réellement impossible pour plusieurs raisons.
D'abord, pour moi qui ne suis moi-même pas shipper du couple Harm/Mac. Mais aussi, ma soeur (qui fut aussi ma relectrice mdr, ben quoi, faut profiter de la spécialisation de chacun lool) m'a fait remarqué certains points sur la série et sur Mac et Harm qui ont fait que je ne pouvais pas les mettre ensemble ou j'aurais vraiment fait passer les lecteurs pour des imbéciles et ça, je ne le voulais en aucun cas



J'ai appris que certaines personnes avaient été choquées par ce passage. Et je tiens à m'exprimer clairement envers ces personnes. Je ne voulais absolument pas dire que les shippers étaient des imbéciles. J'avoue que mon message porte à ambiguité et que certaines l'ont compris en ce sens. Je m'en excuse profondément.

Aurais je le droit de traiter d'imbéciles des gens qui n'ont pas le même état d'esprit que moi? Non, je n'ai pas ce droit car ce serait vraiment un manque crucial de tolérance et une forme de racisme vis à vis des shippers!!
Les vieux de la veille de jagfashion savent ce que je pense des shippers, vu que j'ai déjà exprimé ma sympathie dans des anciens messages envers les shippers et leur profond espoir en le couple Harm/ Mac.


Je veux juste dire que je ne voulais pas prendre les LECTEURS de cette fic ( et je dis bien LECTEURS, pas TELESPECTATEURS de la série JAG de Bellisario) pour des imbéciles.

Dans ma fic, Mac s'est enfin confiée après trente années de mutisme à une personne. C'est phénoménal pour elle d'avoir enfin oser faire confiance totalement à une personne que pour lui dire ses déchirures profondes. Et forcément, un lien très fort (plus fort que son amitié avec Harm) s'est créé entre elle et Vic. Vic l'aime et la CONNAIT. Dans ma fic, Harm l'aime mais ne la CONNAIT PAS.

J'aurais pu mettre Harm et Mac ensemble, mais je pense que vous auriez compris par vous même que quelque chose clochait profondément.
Honnêtement, si vous même avez vécu des choses horribles dans votre enfance que vous verbalisez à une personne. Un lien plus fort ne va t il pas se créer entre vous et cette personne qu'entre vous et un autre homme avec qui vous avez partagé des épreuves physiques ensembles mais à qui vous ne vous êtes jamais totalement ouverte?
Et c'est de ça que je parlais de ne pas vous prendre pour des imbéciles. Vous l'auriez vu que j'avais mis cette fin pour vous faire plaisir mais que cette fin n'était pas en accord avec l'évolution de Mac.

Maintenant, je parle de certains points de la série qui font que je ne pouvais pas mettre Mac et Harm ensemble. Je veux bien m'exprimer là-dessus si vous le désirez, mais ce n'est pas le but de ce message.


Donc, voilou, je m'excuse d'en avoir choqué certains. Mais de grâce, à l'avenir, ne passer pas par un modérateur. Le forum est un lieu d'expression, répondez à mon post en me disant "Tu y as été un peu fort sur ce coup là, j'ai mal pris ce que tu as dis" ou envoyez moi même un mp. Comme je l'ai dit à Macab, exprimez vous, n'utilisez pas l'anonymat ( j'avoue que ça m'a un peu choquée tout de même, je me suis dit : "ben mince, pourquoi elles ne me le disent pas directement en face?"), je vais pas vous manger (vous avez peur de moi? lool). Si Macab ne m'avait pas avertie, jamais je n'aurais su que j'avais fait du mal inconsciemment aux convictions de certaines personnes. Et ça aurait été profondément dommage. Surtout que ce n'était nullement mon intention.

Donc, je réitère à nouveau mes excuses pour ce malentendu.
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math42
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   Dim 25 Sep - 15:50

Wahou. Cette fic ets trop trop trop bien , tu décriptes tellement bien les emotions de Mac que je ne caches pas que j'ai eu les larmes aux yeux pls fois .
En plus moi qui suis une gde shipper H&M plus je dévorait la fic et plus j'esperai que Mac et Vic allait trouver le bonheur ensemble . meme si j'ai eu un pincement au coeur a la declaration de Harm, tout cela se finit magnifiquement bien
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MessageSujet: Re: Les abîmes [ fic terminée]   

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