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 Aimez-moi (terminée)

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nady
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MessageSujet: Aimez-moi (terminée)   Lun 11 Sep - 23:35

Aimez-moi


Je me la joue à la Sanrever (sans rancune ma belle ), je poste juste un avant-goût avant la première partie qui va bientôt arriver.
Et je vous rassure: ce n'est pas une fic shipper Mac-Cresswell
Je le précise parce qu'on m'a déjà posé plusieurs fois la question



Dernière édition par le Sam 7 Oct - 23:03, édité 1 fois
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lovedejag59
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Lun 11 Sep - 23:40

Ze veux la lire!!!!!! Et vite hein? ne nous fait pas trop attendre stp!
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sanrever
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Lun 11 Sep - 23:42

ça m'a l'air très intéressant! et en effet j'ai pensé à une fic entre mac et cresswell!
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ANNE CHARLOTTE
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Mar 12 Sep - 2:17

heureusement que tu as précisé sinon j aurais pensé a une fic mac/cresswell

en tout cas j ai hate de pouvoir la lire
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Corinne
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Mer 13 Sep - 12:14

Hein, quoi que vois-je tu t'es enfin décidée à nous la postée ta nouvelle fic.

Enfin, on a déjà droit à un collage pour l'annonce et ça me donne trop envie de la lire. Vivement que tu commences à poster.

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nady
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Mer 20 Sep - 20:13

Aimez-moi



Titre : Aimez-moi
Auteur : Nady
Rating : G
Catégorie : autre
Personnages : Mac et Cresswell
Spoilers : aucun
Résumé : Mac et Cresswell ont une petite discussion au Jag.
Disclaimer : « La série JAG ne m'appartient pas. Elle est en la possession de DPB, Bellisarius Production, CBS et Paramount. Je ne fais qu'emprunter les personnages un petit moment, mais je promets de les rendre plus tard. Je ne touche aucune somme d'argent pour cette histoire. Ce n'est qu'un divertissement. »
A/N : Voici ma deuxième fic, enfin finie et corrigée. Elle m'est venue en tête après avoir lu un livre de Anna Gavalda. Merci à mon relecteur MacBreheny, à toutes celles qui m’ont encouragée, et à ptitesecretaire pour les détails sur la danse. J’espère que ça vous plaira, j’ai pas trop d’inspiration là, alors bonne lecture…

_____________________________________________________________



Il était tard le soir. Le ciel était éclairé par la lumière apaisante de la lune et des quelques rares étoiles. Une douce brise soufflait aux alentours de Falls Church. Le Jag était silencieux et sombre, pourtant, malgré l’heure tardive, on pouvait apercevoir de dehors que deux fenêtres étaient encore éclairées dans la pâle obscurité de la nuit. D’un côté, une lumière tamisée diffusée par une lampe de bureau illuminait à peine la pièce où une personne, penchée sur des dossiers, semblait plongée tristement dans ses pensées. De l’autre fenêtre, plus grande et plus illuminée, sortait une chaude lueur venant probablement du feu de bois qui crépitait dans la cheminée. Un homme rangeait ses affaires et s’apprêtait à quitter la pièce. Il jeta un dernier regard sur son bureau, un regard d’abord fier et sûr qui se transforma peu à peu en une amère nostalgie… Les soirs calmes comme celui-ci font toujours ressurgir les histoires du passé, qu’elles soient belles ou désespérées, heureuses ou malheureuses, … terminées ou regrettées. L’homme passa sa main sur ses yeux devenus tout-à-coup trop humides à son goût et reprit contenance. Il se retourna calmement, et fixa le bureau toujours éclairé près du sien. Sa mélancolie le reprit et comme au ralenti il avança vers la porte entrouverte.

-Colonel, que faites-vous encore assise derrière cette pile de dossier ? …Colonel ? Mac ? Que se passe-t-il ?

Mac essuya rapidement ses larmes, mais baissa la tête comme pour dissimulée à son supérieur ses yeux sombres encore rougis.

-Ce n’est pas la peine de vous cacher, je vous ai vu pleurer.

-Je suis désolée, Monsieur… Je veux dire, je suis désolée que vous ayez vu ça… Ca n’arrivera plus…

-Ce n’était pas un reproche.

-Ce n’était surtout pas digne d’un Marines.

-Même les Marines ont des moments de faiblesse… Vous êtes humaine.

-…

Cresswell s’assit en face d’elle. Il savait de quoi il parlait. La nostalgie le reprit et d’une voix modérée et douce il continua :
-Ainsi que des moments de tristesse.

-Ce n’est pas de la tristesse.

-Non ?

Mac redressa la tête. Ses yeux étaient redevenus plus ou moins décents mais une lueur morose et désespérée persistait au fond d’elle.
-Non, juste un petit coup de blues. Qui est déjà passé d’ailleurs. Général je ne voudrais pas abuser de votre temps. Vous avez une famille qui vous attend.

Il la fixa dans les yeux, d’un regard profond et si conciliant, si compréhensif et à la fois si douloureux.
-Vous voulez que j’aille remplir mon devoir de père et d’époux ?
-Monsieur, sauf votre respect, je n’ai pas envie de parler ce soir.

-Qui vous dit que c’est mon cas ?

-Vous avez ce regard qui dit : Mac, je suis votre ami, je suis là pour vous. Vous savez que vous pouvez tout me dire…

-C’est ce qu’il vous dit ?

-Je n’ai pas envie d’en parler.

-Pourtant c’est vous qui avez commencé.

-Qui vous dit que je parlais de lui ?

-Mac, ne vous cachez pas, vous et moi savons de qui vous parliez à l’instant.

-Depuis quand m’appelez-vous Mac ?

-Depuis quand suis-je votre ami ?

Mac ferma les yeux un moment et dans un soupir elle le fixa du coin de l’œil. Dans quel pétrin elle s’était encore fourrée ? Il y a quelques minutes, elle pleurait devant lui et maintenant, elle lui avait fait indirectement de lourdes confidences…
-Je suis désolée, je ne voulais pas vous manquer de respect, Monsieur.

-Ne vous excusez pas. Il est exactement 23h16, nous ne sommes plus en service. Alors parlons librement… Comme des amis.

-Maintenant pas plus qu’il y a 10 minutes, je n’ai envie de parler, même à un ami.

-Moi si, alors je parlerai tout seul.

-Monsieur…

-Colonel, aucune objection, j’en ai décidé ainsi. Vous voulez boire quelque chose ?

-Non merci.

-Moi si, je vais faire du café.
Il se leva et se dirigea vers la cuisine. Il savait que faire cela, surtout avec un subalterne, était une mauvaise chose. Mais il ne pouvait pas laisser cette femme faire la même erreur que lui il y a bien longtemps. Cette erreur qui lui avait coûté tant de chose et donné si peu de bonheur. Les regrets avaient depuis des années pris possession de son âme, et pour lui, pour elle, pour eux, il allait se livrer à des confidences dont seuls son cœur et son esprit étaient les plus proches témoins. Il haussa le ton et commença à parler. Bientôt, il sera peut-être libéré de cette pression, de cette période de sa vie qui le rendent si mélancolique et si triste les doux soirs d’automne. Oui, bientôt, Sarah Mackenzie deviendra le témoin privilégié de ce bonheur qu’il tenait, si fragile et éphémère, au creux de sa main.
-Vous savez, je connais cette sensation.

-Quelle sensation ?

-Celle de voler au-dessus des choses qui vous entourent. Avoir l’impression que tout se déroule autour de vous, sans vous. D’exister, sans la moindre raison d’être là. D’être seulement témoin, un témoin soumis et frustré devant une vie qui ressemble si peu à celle que vous aviez imaginée, cette vie qui vous apporte tant de malheurs et si peu de bonheur. Vous respirez, vous ouvrez les yeux le matin et les refermez le soir, mais vous ne vivez pas, vous êtes juste là. Cette sensation de tristesse, de vide.

Cresswell revint, une tasse de café fumante à la main.
-Il vous a fait du mal ?

-Non.

-Alors pourquoi être triste ?

-Je ne suis pas triste.

-Ah c’est vrai, alors plutôt, pourquoi pleuriez-vous ?

Mac ne voulais pas répondre, elle ne pouvait pas. Avouer ces choses à quelqu’un était déjà si difficile pour elle, alors à son supérieur. Elle ne devait pas parler des ces choses avec lui, en parler avec elle-même faisait déjà si mal.
-…

-Laissez-moi deviner. Vous vous êtes réveillée ce matin, comme chaque matin, et vous avez ouvert les yeux, enfin réellement ouvert les yeux. Vous avez soudainement vu toutes les choses que vous aviez réalisées, elles représentaient si peu par rapport à celles que vous rêviez accomplir étant enfant. Ah, la magie de l’enfance. Cette insouciance, cet émerveillement qu’ont les enfants. On leur raconte tellement d’histoires si merveilleuses, si enchanteresses, tellement d’histoires si… bidons, qu’en définitive, la petite fille se réveille et déglutit en voyant son prince charmant et que le petit garçon choisit la facilité au courage du vaillant chevalier.
En fait, vous vous réveillez en croyant avoir réussi votre vie : une belle carrière, un mariage en apparence réussi, un enfant. Et là, vous réalisez qu’il vous manque quelque chose.

-La seule différence est qu’à part ma carrière, mon mariage a été un fiasco et je n’ai pas d’enfant… Je n’aurai jamais d’enfant…

Il avait bien entendu sa dernière phrase mais il décida de délibérément l’oublier, du moins pour l’instant. « Je n’aurai jamais d’enfant », 6 mots, 6 mots si simples, si cruels. Si durs à entendre encore après tant d’années. Et pourtant redevenus si familiers après quelques secondes. «Je n’aurai jamais d’enfant », qu’est-ce qu’il avait pu entendre cette phrase, qu’est-ce qu’il avait pu détester cette phrase, qu’est-ce que cette phrase l’avait hanté encore et encore. Peut-être devait-il finalement arrêter de lui parler de ça, il n’était pas trop tard, il n’avait pas encore prononcé son nom… Arriverait-il jamais à re-prononcer ce nom ? Peut-être que c’était mieux ainsi, peut-être qu’il était mieux ainsi, seul avec son secret, ce doux secret si lourd et si heureux à la fois… Non ! C’en était assez ! Il ne devait pas reculer !
-C’est une chance. Vous avez pris conscience de tout ça alors qu’il n’y a personne en jeu.
-Vous trouvez qu’être seule, c’est une chance ?

-Non, mais réaliser en étant seul que votre vie c’est de la merde, ça c’est une chance.

-Je ne comprends pas.

-Vous êtes à un tournant de votre vie. Vous pouvez prendre ce tournant ou continuer tout droit. Et dans les deux cas, personne ne souffrira. Vous venez de prendre conscience de cela, grâce à quelque chose… ou à quelqu’un.

Le regard du Général se perdit une nouvelle fois dans le vide. Une lueur apparut au fond des ses yeux bleus et un petit sourire nostalgique se forma sur ses lèvres avant qu’il boive doucement une gorgée de café.

Mac le remarqua et une pointe de curiosité prit le dessus. Elle avait envie de savoir, elle voulait savoir et ne pu s’empêcher d’être indiscrète. Après tout, c’était lui qui avait tout commencé.
-A vous, c’est arrivée à cause de quelqu’un, n’est-ce pas ?

Un sourire franc et heureux apparut sur les traits de Cresswell.
-Elle était merveilleuse avec ses yeux sombres et son regard pétillant. Qu’est-ce que j’ai pu me perdre dans son regard, qu’est-ce que j’ai pu aimer ses yeux. Elle me regardait et je me sentais voler, je me sentais vibrer. Et ses lèvres, sa façon de murmurer mon nom, de sourire, d’éclater de rire, de râler ou de penser. Je me perdais en elle, j’étais devenu comme ceux que j’appelais des imbéciles amoureux à attendre un geste d’elle, ses appels ou ses petits mots. Et bon Dieu qu’est-ce que j’aimais ça… cette sensation de bonheur, de satisfaction… d’amour…

-Votre femme a de la chance…

-C’est bien ça le problème ! Ce n’était pas ma femme…


à suivre


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Corinne
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Jeu 21 Sep - 10:42

Ah super tu as commencé à poster.

Je vais attendre qu'elle soit finie pour la lire, parce que c'est plus facile pour moi vu que je n'ai pas toujours accès au net. Mais je suis déjà certaine qu'elle sera super.

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nady
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Jeu 21 Sep - 21:16

une petite suite tant que internet ne plante pas... merci Corinne!

____________________________________________________


-C’est bien ça le problème ! Ce n’était pas ma femme…

Mac ouvrit de grands yeux, elle n’osait plus bouger. Elle n’aurait jamais pu imaginer ça de sa part, lui si intègre, si à cheval sur les principes, si tout-comme-il-faut… Il avait trompé sa femme, et il le lui avouait à elle ! Comment devait-elle réagir ? Devait-elle l’arrêter là, partir, crier, l’écouter, être étonnée, le lui montrer ? Changer de conversation ? Se lever, aller chercher du café ? Elle avait soudainement soif, très soif. Elle voulait bouger, partir, rester, elle ne savait plus.

-Ne me regardez pas comme ça… je suis peut-être un Marines et votre supérieur, mais je suis aussi humain que vous…

Cresswell fixait Mac. Il voyait bien que sa révélation lui avait fait un choc, il savait qu’elle n’était pas le genre de femme à accepter qu’homme trompe son épouse, il savait qu’elle allait bientôt réagir.
-Pour vous, je suis un salaud, n’est-ce pas ?

-Non, juste un homme comme beaucoup d’autres…
S’il fut étonné de sa réponse, il n’en fit rien paraître. Sarah Mackenzie ne resterait pas si paisible longtemps. Il le savait, il attendait juste qu’elle lui livre sa pensée, qui ne serait pas, il en était certain, un compliment où un petit mot gentil contrôlé par le respect.

-Finalement je veux bien un peu de café…

-Vous les femmes, vous changez beaucoup trop d’avis…
Creswell se leva et se dirigea vers la cuisine, suivit de Mac sur les talons.

-C’était il y a 10 ans vous savez. J’étais marié avec Dora et j’avais Cammie. Je n’ai pas pu détruire tout ça. Il sourit. C’est dingue, depuis tout ce temps, je continue encore à me mentir. En fait, ce n’est pas que je n’ai pas pu, juste que j’étais un sacré lâche… un putain de lâche… Un homme qui avait le courage de tromper une femme mais pas de la quitter, de promettre monts et merveilles à une autre sans jamais rien réaliser.
Du lait et du sucre ?

-Un peu de lait, c’est parfait.

Mac s’appuya sur le comptoir.
-Comment s’appelait-elle ?

-Emily, elle s’appelait Emily. Elle était petite et avait l’air si… fragile. Mais ce n’était qu’une impression. En réalité, elle ne se laissait pas faire, elle remettait tout le monde à sa place sans ménagement et hurlait quand quelque chose lui déplaisait. J’aimais son caractère, impulsive, tête de mule, toujours prête et si douce à la fois. Ses cheveux étaient foncés et coupés au carré. Qu’est-ce que j’aimais les caresser, les toucher dès qu’elle était près de moi. Je passais mes mains dans ses cheveux et je la serrais encore plus fort. J’aimais son corps, sa douceur, sa tendresse, sa façon de me regarder avant l’amour, lui faire l’amour, sa façon de me regarder après l’amour, ses mains, la voir boire de la limonade en faisant des bulles, l’entendre grogner quand elle devait se lever, son regard amoureux au restaurant, sa manière de se retourner en me fixant, de s’essuyer les lèvres, de se parfumer, de déjeuner, de sourire, de lire, de réfléchir, de bouder, de parler, de s’habiller, de se brosser les dents, la voir discuter, la voir regarder la télé, crier, se coiffer, se dépêcher quand on était resté trop longtemps au lit, j’aimais son nez, son front, son cou, et ses lèvres…

Un large sourire traversa le visage de Mac.

-Vous vous moquez de moi.

-Pas du tout. Je n’ai juste pas l’habitude de vous voir parler comme ça. Surtout de votre vie personnelle.

-Vous me prenez pour un homme dur et vieux jeu n’est-ce pas ? Honneur, fidélité et patrie. Un mec silencieux et borné qui déteste l’échec, l’erreur ou la lâcheté. Un gars qui juge sur le passé, qui ne prend pas le temps de connaître et qui profite de son autorité. En fait, pour vous, je suis un vieux con. Et soyez toujours franche.

-Plutôt un vieux con égoïste, pédant et faux.
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Jeu 21 Sep - 23:15

Trop bien ta fic Nady!!!
Tu t'es enfin décider a poster!!!!!!!!!
Super!!!

Vivement la suite!
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nady
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Sam 23 Sep - 13:12

-Plutôt un vieux con égoïste, pédant et faux.

Le Général sourit.
-J’aime parler avec vous. Vous savez ce que vous voulez, vous êtes forte et vous ne craignez pas les mots. Mac, j’ai appris à vous connaître et je vous ai déjà dit que j’ai dépassé le stade d’Okinawa. Je sais ce que vous valez. Vous méritez bien plus qu’un appartement vide, qu’une vie seule et dérisoire.
Il lui tendit une tasse brûlante et la regarda droit dans les yeux. Il savait ce qu’il faisait mais il avait peur de se livrer, de lui avouer toute ce qu’avait été sa vie pendant 5 ans. Une vie entrecoupée de moments de joie, d’amour et de solitude. Mais peut-être que c’était encore trop tôt ou qu’il était trop tard… Mais il allait prendre le risque, il se devait de prendre le risque…
-Je n’ai encore parlé de ça à personne vous savez.

-Pourquoi moi ?

-Je viens de vous le dire, j’aime discuter avec vous.

Mac se mit à bailler. Au fond d’elle, elle voulait savoir la suite, elle aimait cette histoire, et même si le sommeil la prenait tout-à-coup, elle tiendrait parce qu’il semblait avoir besoin de parler, et elle, peut-être de l’écouter.
-Vous êtes fatiguée ? Vous devriez retourner chez vous…

-Non, je veux entendre la suite.

-Vous voulez encore m’écouter délirer ?

-Oui, j’aime vous entendre délirer. Parler d’elle, de vous, de la vie…

-Vous trouvez que c’est une belle histoire ?

-Oui

-C’est vrai, c’est une belle histoire.

-Comment vous-êtes vous rencontrés ?

-J’ai l’impression que tout cela vous intéresse vraiment et j’en suis heureux… Vous savez, l’homme est le croisement de l’ange et du démon, il est naturellement bon et inévitablement méchant. Quand je l’ai connue, je me croyais charitable, digne et droit, je n’étais pas pour moi superflu, le genre d’homme à blesser sa femme, à la tromper de la pire des façons : par le corps et par l’esprit. Je me sentais fier d’avoir réussi à fonder une famille unie et forte quand je voyais tous ces couples en instance de divorce. Je n’avais pas encore compris que la vraie vie était pour moi ailleurs : au creux des bras d’Emily. Je sais, pour vous je suis un égoïste. Je ne pensais qu’à moi, je l’avoue, je ne voyais que moi, je ne voyais que moi entouré d’Emily. Je ne voyais que moi la touchant, l’embrassant. Avant que je la rencontre, je n’étais qu’un misérable homme marié enfermé dans son devoir conjugal. Je me sentais heureux avec ma famille et je faisais tout pour qu’elle le soit aussi. Avant que je ne la rencontre, je n’étais pas un égoïste et j’étais… bon. Vous allez me dire qu’est-ce qu’il y a de mal ça ? Mais rien justement, c’est juste que je ne vivais pas.
La première fois que je l’ai vue, c’était à un spectacle de danse à l’école de Cammie. C’était un grand jour pour ma fille, elle faisait partie d’une classe de danse surnommée « les rouges ». C’était leur premier ballet. Elle avait 10 ans. Le spectacle avait été organisé pour que les parents puissent apprécier les efforts faits par leurs enfants tout au long de l’année. Cammie était tellement fière et heureuse. Les petites portaient de jolies tutus rouges, ornés de paillettes. Le ballet allait commencé et une femme magnifique a fait son apparition : Emily. Elle était habillée dune somptueuse robe noire, très classe, assortie à des talons hauts qui en marchant faisaient ressortir sa grâce naturelle. Je n’ai même pas écouté ce qu’elle disait, j’ai de suite été frappé par ses yeux, sa bouche, ses bras qui balançaient au rythme de ses mots. Tout le long de son monologue je suis resté à la fixer, debout, hypnotisé et complètement tétanisé ! Mais qu’est-ce qui m’arrivait ? J’avais chaud, démesurément chaud, je transpirais, ma tête tournais et mes yeux, j’avais l’impression que mes yeux se desséchaient tant je l’admirait. Et elle m’a regardé… Je me sentais extrêmement gêné. Quand nos deux regards se sont croisés, l’ambiance est devenue si électrique qu’elle a abrégé son discours et qu’elle a fait entrer les enfants.
Après la représentation, les parents étaient invités à prendre un verre tous ensemble. Ma femme discutait avec ses amies et Emily s’est approchée de moi. C’était comme dans ces films à l’eau de rose où la femme s’avance près de l’homme au ralentit et le coup de foudre retentit. Ca c’est passé exactement de cette façon, tout s’était arrêté et aucun bruit ne perlait sauf les battements retentissants de nos deux cœurs brûlants.
Elle a avancé sa main vers moi, une main tendre et envoûtante, qui semblait à la fois douce et si aimante. J’ai levé ma main et quand j’ai touché la sienne, mon cœur a fait des siennes. Comme un automate, il a cessé de battre. Les yeux dans les yeux, main contre main, cœur à cœur, j’ai entendu sonné mon heure. Et c’est avec les yeux secs, les mains moites et le cœur battant, qu’elle m’a dit doucement : Emily Daubechies.
Et j’ai succombé ! Dès le moment où je l’ai vue, j’ai su que j’étais perdu… J’ai fermé les yeux et j’ai prié, moi, ne croyant pas ou croyant ne pas croire. Mon Dieu, s’il y a un Dieu, puisque tu existes, détourne mon cœur si fragile avant qu’il ne soit trop tard.
Mais le mal était déjà fait, j’avais déjà sombré, rien qu’en lui touchant la main, j’avais goûté à son corps et j’en voulais encore…
Quand je l’ai à nouveau regardée, j’ai su que je n’étais pas le seul à délirer, à sentir les papillons vibrer au creux de mes reins et les étoiles scintiller au fond de mon regard. Elle m’a proposé un verre, j’ai refusé, elle m’a proposé une ballade et j’ai accepté.
Nous sommes sortis devant la salle de représentation spectacle. Tout était calme, sans effusion. Elle s’est retournée vers moi et la tête baissée, je l’ai entendue prononcer :
-Aimez-moi.
-Quoi ?

Elle a levé les yeux et elle a continué :
-Aimez-moi.
Et…
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Mar 26 Sep - 19:04

-Aimez-moi.
-Quoi ?

Elle a levé les yeux et elle a continué :
-Aimez-moi.Et…

-Et quoi ? Ne vous arrêtez pas !

-Vous aimeriez savoir n’est-ce pas ?

-Bien sûr que j’aimerais savoir, c’est le meilleur moment.

-Ce n’était pas quand les papillons vibraient au creux de mes reins et quand les étoiles scintillaient au fond de mon regard le meilleur moment ?

-C’était bien dit, c’est vrai. Mais le meilleur moment c’est quand…

-Quand quoi ?

-Vous savez très bien quand quoi.

-Je me suis trompé sur vous Mac, je vous croyais franche.

-D’accord, quand l’homme dit à la femme qu’il l’aime et qu’ils s’embrassent passionnément et qu’ils finissent heureux. Je suis pathétique n’est-ce pas ?

-Oui mais beaucoup de femmes rêvent de ça.

-Pas les hommes ?

-Si, mais ils ont l’intelligence de ne pas le dire.

-L’intelligence ? Non mais je rêve…

-Bon d’accord, la faiblesse. Puisque les hommes sont bornés et j’allais oublier, égoïstes, pédants et faux.

-Non, ça c’est seulement pour vous. Les autres hommes sont renfermés, compliqués, têtus, exécrables, ils vous font le plus beau des sourires pour vous rendre vulnérable, un gentil compliment pour vous déstabiliser, une petite déclaration tous les ans pour être sûrs que vous restez à leurs côtés…

-Vous avez oublié : ils démissionnent pour vous sauver.

-Non, c’était juste pour sa fierté.

-Ou pour mieux vous aimer.

Mac frémit un instant puis se reprit. Après tout c’était vrai, il voulait vivre quelque chose avec elle, il le lui avait dit, et elle l’avait repoussé. De toute façon, quoiqu’il arrive, c’était trop tard. Elle n’était plus une femme. Elle se entait dépouillée, souillée, fausse et si vide. Désespérément vide.
Elle n’était plus une femme. Juste une créature futile, inutile et stérile, qui respirait, bougeait, mangeait mais qui ne vivait pas. Un être dénué de toute humanité, qui vivra toujours pour elle et non pour enfanter. Une égoïste, car c’était elle l’égoïste, qui portait dans son ventre non la flamme de la vie mais le souffle qui détruit.
Peut-être qu’elle le méritait ou peut-être pas. La seule chose qu’elle savait est qu’elle ne se battrait pas.
Elle but la dernière gorgée de son café et ne dit rien pendant un moment. Le Général la ramena à son bureau sans un mot et ils s’assirent tous les deux sur les sièges réservées aux témoins. Ils se faisaient maintenant face et aucun des deux n’osait recommencer relancer la conversation. Cresswell vit Mac reprendre son souffle avant d’entendre de nouveau sa voix.
-Alors vous l’avez embrassée ?

-Oui, je l’ai embrassée et je l’ai aimée aussi jusqu’à mon dernier souffle. Je l’ai aimée des heures, des jours, des nuits entières. Je l’ai aimée si fort que j’y ai laissé mon cœur, mon âme et mon corps. Je l’ai aimée encore et encore et encore, passionnément, doucement ou même violemment. Et quand son cœur en a eu assez, le mien avait déjà trop donné, et je n’ai pas su lui révéler…
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Mar 26 Sep - 22:33

Toujours aussi belle!!!!
Bravo Nady
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Ven 29 Sep - 18:54

-Quoi dont ? Lui révéler quoi ?

-Que je l’aimais.

-Vous ne lui avez jamais dit ?

-Non.

-Pourquoi ?

-La faiblesse de l’homme.

-Conneries ! Si vous l’aimiez vraiment et si pour vous ce n’était pas qu’un jeu, vous lui auriez dit !

-Vous lui avez dit vous peut-être ?

-…

-Donner des conseils est plus facile que de les respecter. Ce n’était pas un jeu pour moi. Je l’aimais, je l’aime encore et je l’aimerais toujours. Seulement il y avait d’autres considérations à prendre en compte. Il posa sa tasse maintenant vide sur le coin du bureau de Mac et se redressa dans son siège. La conversation devenait plus pénible pour lui et il le savait, ça le serait également pour elle une fois qu’elle saurait. Doucement, chacun se dirigeait vers un tête-à-tête des plus douloureux mais il savait au fond de lui que c’était le meilleur moyen, qu’il se devait de passer par là pour leur bien à tous les deux, pour qu’enfin il se libère de cette blessure trop longtemps contenue.

-Quelles considérations ?

-Elle voulait me quitter. Elle voulait que je sois heureux et elle pensait que je ne le serais jamais avec elle. Après 5 ans de relation amoureuse, elle a pris la décision, pour elle et pour moi, que c’était fini et mieux ainsi.

-Pourquoi croyait-elle que vous seriez plus heureux sans elle ? Vous n’étiez pas prêt à quitter votre famille ?

-Si elle me l’avait demandé, j’aurais tout abandonné. Non, la raison n’était pas là. Elle était bien plus enfouie, bien plus ensevelie dans tous les esprits des femmes qui traversent la même situation.

-Quelle situation ?

-Mac nous arrivons sur un sujet sensible, pour vous comme pour moi. Je ne veux pas que vous pensiez que je vous juge pour quoi que ce soit. Je parle juste de ce qui c’est passé avec Emily, après, ce que vous ferez ne regarde que vous.

-Mais de quoi parlez-vous ?

-Emily ne pouvait jamais avoir d’enfant.
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Sam 30 Sep - 1:12

Ah que de bonheur de lire cette fic...

La trame de l'histoire est vraiment bien menée... Un face à face révélateur & j'espère qu'il sera aussi libérateur pr chacun d'eux...

Viv'ment la suite

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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Dim 1 Oct - 20:40

merci!!!

________________________________________________________________

-Emily ne pouvait jamais avoir d’enfant.

Mac s’enfonça alors dans un profond mutisme. Les quelques couleurs qu’elle avait encore sur son visage disparurent pour laisser place à un teint terne et si triste. Elle se recula en peu plus dans son siège et releva le menton pour fixer Cresswell. Cette fois, elle n’essayerait pas de détourner la discussion. Cette fois, elle laisserait tout ce désespoir la submerger, devant lui, qu’importe. Il savait, elle ignorait comment mais il savait. Et qu’importe son grade, qu’importe sa position, qu’importe le lieu, elle ne laisserait rien au hasard. Elle avait besoin de savoir qu’elle n’était pas la seule, qu’elle n’était pas la seule à devoir porter ce lourd fardeau, à se regarder dans la glace le matin et à ne voir qu’un reflet flou et dérisoire, silhouette furtive d’un être autrefois femme.
-Comment avez-vous su ?

-Mac, à chaque fois que je vous vois enfermée dans un ailleurs inconnu, la main délicatement posée sur le ventre, je revois Emily. A chaque fois que votre regard s’échappe et plonge dans un désespoir soudain mais révolu, je revois Emily. Quand tournée vers votre fenêtre, votre corps entier prend l’allure d’une statue et que pour vous « être » n’existe plus, je revois Emily. Et quand vos yeux, dans un dernier élan d’espoir fou, accroche les siens et qu’alors le bon sens, l’obligation et la résignation prend possession de vous, je revois Emily.
Quand ses yeux à lui reflètent toute cette tristesse cachée, cet amour bien gardé qui le fait tant vibrer et cet espoir insensé pour que vous lui reveniez, je me revois moi pendant toutes ces années.
Je ne suis pas égoïste, j’ai juste tout fait pour qu’elle l’accepte au moins mais qu’elle essaye quand même. Je voulais juste être avec elle et peut-être si possible avoir un enfant d’elle. Je ne suis pas arrogant, j’ai ma fierté c’est vrai, mais aussi de l’humilité. Et je ne suis pas faux, je l’aimais vraiment et je l’aime encore tellement. Je n’ai juste pas su lui dire à temps, et quand je l’ai fait, trop tard, ce n’était plus le moment.
Je la respectais, autant qu’elle-même me respectait. Et c’est pour ça qu’elle est partie. Elle a préféré me laisser vivre ma vie. J’ai tout fait vous savez. D’abord je lui ai dit que je l’aimais, que j’étais prêt à divorcer et à démissionner. Mais que faire quand une femme désespérée, perdue et qui a perdu ses illusions a décidé de vous écarter de sa vie et de son cœur ? Rien, tout cela n’a servi à rien, elle est juste partie. Elle a pris ses blessures, ses doutes et ses souvenirs et elle m’a éloigné, elle s’est éloignée, elle nous a éloignés. Et tout était fini, par un soir calme d’automne comme celui-ci, elle m’a rayé de sa vie.

-Vous l’avez revue ?

-Oui, il y a 2 ans. Elle était avec quelqu’un. Un homme d’affaire qui ne veut absolument pas d’enfant. Je lui ai dit et redit que je l’aimais, elle m’a répondu qu’elle aussi mais qu’elle ne changerait pas d’avis. Que je devais être heureux pour deux.

-Et c’est alors ce que vous avez fait…

-Non. Les apparences sont trompeuses vous savez. Ma femme et ma fille sont heureuses alors que moi, je me contente d’être là. J’ai essayé d’être heureux pour deux mais c’est tellement dur. Je sais que quoiqu’il arrive, il me manquera toujours quelque chose. Je l’ai juste admis et je ne me le cache pas. J’ai juste fait ce qu’Emily a voulu pour moi et je sais que quoique je fasse, elle ne me reviendra pas. Je vis dans le regret du passé, la souffrance du présent et la peur de l’avenir. Mais je l’ai accepté, que faire de plus ?

-Vous battre.

-Je n’en ai plus la force. Trop de souffrances passées et à venir. Et puis je sais qu’elle ne changera jamais d’avis, parce que je l’aime encore autant qu’elle m’aime. Mais se battre est une bonne chose à faire, se battre pour qu’il n’arrive pas à quelqu’un d’autre la même chose qu’à soi.

-C’est pour ça que vous me parlez de tout ça ? Vous savez, je comprends Emily et je rêve d’avoir le même courage qu’elle a eu pour vous quitter. Je l’aime et je veux qu’il soit heureux.

-C’est une connerie de croire que c’est en le quittant que vous lui offrez la vie. Vous lui imposerez ça, mais imposer sa volonté à autrui implique qu’on ne lui reconnaisse pas la même humanité qu’à soi-même.

-Je n’accepterai jamais qu’il ne soit pas père un jour, qu’il se sacrifie pour moi parce qu’il est fait pour ça et à en croire les médecins, moi pas.

-Vous ne serez jamais heureuse.

-Je m’en fous, lui doit l’être.

-Il ne le sera pas. Regardez moi !

-Vous pas, mais peut-être que lui y arrivera.

-Comment en être sûr ?

-On n’est jamais sûr de rien dans la vie, il faut foncer et encaisser.

-Alors foncez et encaissez, ensemble. Ca marchera.

-Peut-être pas…

-Vous n’avez pas confiance en vous.

-Je n’ai surtout pas confiance en nous. Un jour il se rendra compte de ce qu’il a manqué, il m’en voudra, me détestera et me laissera.

-Vous savez qu’il ne fera jamais ça.

-C’est vrai mais il restera, par pitié et par devoir. Comme vous.

-Moi je ne suis pas avec la femme que j’aime.

-Arrêtez ! J’en ai assez.

-Bon Dieu Mac ! Vous voulez vous réveiller dans 20 ans, triste et désemparée. Si vous le quittez, il le sera autant que vous, à se ressasser les évènements du passé, les actes manqués et les souvenirs regrettés. En fait, vous avez juste peur, vous ne le faites pas pour lui, mais pour vous. Parce que vous êtes lâche, aussi lâche que moi il y a 10 ans. Vous ne pouvez pas continuer ainsi. La mort dans l’âme mais le sourire aux lèvres.

-Je ne sais pas. Je ne sais plus.

-Mac regardez-moi. Regardez ma vie aujourd’hui, maintenant que vous savez tout et dites-moi si vous voulez vraiment qu’il lui arrive la même chose ? Sauf que lui, Mac, sauf que lui n’a pas de femme ni d’enfant, ce qui fera de lui un homme plus seul qu’il ne l’est déjà. Et si vous sacrifiez votre avenir, il sera malheureux, j’en suis sûr parce que je sais qu’il vous aime, Mac. Il vous aime autant que j’aimais Emily. Je sais de quoi je parle, je sais de quoi je parle puisque j’en ai été le témoin direct et le plus concerné depuis tant d’années. Vous devez vous accordez une chance. Vous avez droit tous les deux au bonheur.
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nady
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Jeu 5 Oct - 0:13

Mac pleurait. De voir toutes ses résolutions partir en fumée, elle avait craqué. Elle savait qu’il avait raison, encore fallait-il qu’elle ait le courage d’aller lui parler, lui avouer tout ce qui faisait rage au fond de son cœur depuis ce jour fatidique où elle avait reçu cette nouvelle dévastatrice.
-Vous m’aimez bien, n’est-ce pas ? Pour vouloir m’aider c’est que vous m’aimez bien.

-Oui Mac, je vous aime bien.

-Alors vous comprenez ma réaction ?

-Oui, je comprends.

-Et vous comprenez pourquoi je doute ?

-Oui, je suis bien placé pour ça.

-Et vous comprendriez si je décidais de ne pas vous écouter ? De le laisser vivre sa vie ?

-Cela voudrait dire que j’ai échoué, encore une fois, mais… Oui je comprendrais.

-Vous êtes un homme bien, Général. Vous avez dit que l’homme était le croisement de l’ange et du démon, et bien, je n’aurais jamais cru dire ça un jour, mais vous, vous êtes finalement plus du côté de l’ange.

-Et bien je suis flatté d’entendre ça de votre bouche.

-Merci pour tout ça, quelque part je me sens moins seule.

-C’est moi qui vous remercie de m’avoir écouté. Qu’allez-vous faire maintenant ?

-Je sais que fuir serait une mauvaise solution. Mais le doute persiste, je veux dire, j’ai tellement peur qu’il ne m’en veuille plus tard.

-Mac, avant toute chose, parlez-lui, vous n’avez pas le droit de le laisser en dehors de ça et de prendre la décision seule.

-Je le ferais Général, soyez-en sûr, je le ferais. Mais à présent, à moi de vous dire quelque chose…
J’avais 15 ans quand ma mère nous a abandonnés mon père et moi. J’ai toujours rendu coupable mon père du départ de ma mère. Qu’est-ce qu’une jeune fille de 15 ans peut faire face au désastre que devient sa vie ? Quand tout un monde qu’elle avait appris à aimer et avait idéalisé s’écrase à ses pieds ? Quand sa mère, sa plus proche amie, l’abandonne un jour et s’enfuie ? Mon père a toujours essayé de combler le départ de ma mère mais j’avais la tête enfermée dans un monde que j’avais moi-même créé et je l’ai toujours repoussé. Un jour, on était parti ensemble acheter du pain. J’adore le bout de la baguette, le plus croquant, et je lui ai demandé s’il voulait me le donner. Il a refusé et m’a dit d’attendre le dîner. Arrivés à la maison, nous avons préparé à manger et une fois à table, il a découpé coupé le bout du pain et me l’a donné. Je l’ai mis de côté et je n’y ai jamais goûté. Il m’a demandé plus tard pourquoi je n’en voulais pas. Je lui ai répondu que c’était avant que je le voulais et que maintenant je n’en avais plus envie.

-Pourquoi raconter tout ça ?

-Demandez-vous juste une chose. Est-ce que cette petite fille n’aurait pas été plus heureuse si sa mère n’était pas partie ? En décidant de ne pas partir, votre fille a grandi avec son père. Vous avez entendu ses premiers mots, vu ses premiers pas, son entrée à l’école, ses premiers amours. Vous l’avez vu grandir, vous l’avez vu être heureuse, vous l’avez vu triste, vous l’avez vu forte. N’est-ce pas une forme supérieure de bonheur que d’aimer sans rien demander en retour ? Peut-être est-ce finalement une bonne chose d’être resté.

-Peut-être, oui.

-Vous avez laissé votre vie d’homme de côté c’est vrai, mais vous êtes devenu un bon père. Pourtant votre femme est toujours là. Il y a peut-être encore quelque chose à sauver, même si son nom n’est pas Emily.

Le général acquiesça simplement de la tête. Finalement, il n’avait pas seulement parlé à Sarah Mackenzie, il s’était aussi parlé à lui-même, avec ces mots vrais, ces mots si forts qu’il avait cachés au fond de sa tête il y a tant d’années.
Sarah Mackenzie, c’est une vie entravée jusqu’à l’impossible, agacée jusqu'à se mettre à détruire la passion qu’elle ne sait investir dans sa réalisation. Pourtant, ce soir, il en était certain, sa vie prendrait ce tournant radical mais nécessaire qu’elle aurait déjà dû emprunter il y a déjà bien longtemps. Ce soir, deux personnes se parleront sans détour et découvriront un avenir où les passions se creusent, où l’amour est plus fort que la peur et où la vraie vie est faite de chair et de sang, une vie qu’ils tresseront eux-même jusqu’à la nuit des temps.
Ils se levèrent tous les deux et préparèrent leurs affaires. Ils se jetèrent un dernier regard et à cet instant l’élève su qu’il n’avait plus besoin du maître. Cresswell et Mac se quittèrent alors en silence afin de faire face à leur destin. Tout avait été dit, il ne restait plus qu’à agir.

a suivre avec le dernier chapitre


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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Jeu 5 Oct - 19:36

woaw, C'est incroyable la relation que tu crée entre Cresswell et Mac. C'est extra vraiment et j'espère avoir la suite bientôt lol
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MessageSujet: Aimez-moi (terminée)   Sam 7 Oct - 23:02

voilà la suite et donc la dernière partie...

______________________________________________________________________

DOMICILE DU GENERAL G. CRESSWELL

-Gordon, chéri, pourquoi rentres-tu si tard ?

-J’avais une affaire importante à régler.

Il se rapprocha de sa femme, assise maintenant sur le canapé et s’assit à côté d’elle. Il passa ses bras autour de ses épaules et prit sa vie en main.
-Tu sais, il y a bien longtemps qu’on n’a pas profité d’un moment seuls tous les deux. Que dirais-tu de partager avec ton vieux mari un week-end à la montagne ?

-J’en dis que j’en serais très heureuse.

C’est vrai, il vivait depuis tant d’années avec l’ombre d’une autre, mais il était temps d‘oublier le passé et de profiter de la vie. Il avait encore une femme à aimer et un mariage à sauver. Il l’embrassa et lui murmura à l’oreille ce pourquoi son cœur battait à l’instant même :
-Je t’aime.



DOMICILE DU CAPITAINE HARMON RABB JR

Mac se tenait depuis maintenant 10 minutes devant sa porte et n’osait pas frapper. Comment lui dire ? Cela semblait pourtant si facile devant Cresswell. Sans réfléchir, elle leva la main et frappa plusieurs fois. Elle l’entendit d’abord se lever puis elle vit la lampe scintiller en dessous de la porte. Ca y est, il arrive. Respire, respire. Elle baissa la tête et essaya de calmer les battements de son cœur.

-Mac ? Vous avez vu l’heure ? Mac ?

Elle releva la tête et plongea son regard dans ses yeux bleus ciel. Et comme Emily avait osé le faire sans retenue il y a 10 ans de cela, elle prononça ces 2 mots libérateurs qu’elle gardait dans son cœur depuis trop longtemps.

-Aimez-moi.


FIN
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Sam 7 Oct - 23:51

Quelle fin !!!! magnifique. Waou !!!! "Aimez moi" que c'est beau.
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Dim 8 Oct - 10:35

Ah ça y est ta fic est finie, je vais pouvoir lire ça ce soir bien au chaud dans mon lit.

J'ai hâte de lire tout ça en tout cas parce que je suis sûre que ta fic est très bien.

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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Mar 10 Oct - 1:38

Super fic !!!!
Je viens de rattraper mon retard et ba franchement j'ai adoré!!!!
Bravo Nady!! Belle fic!!!
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Mer 11 Oct - 12:12

Alors j'ai enfin pu lire cette fic du début à la fin.

J'adore ce que tu as écrit Nady. Et dire que tu avais peur de la poster alors qu'elle est vraiment génial.

C'est vraiment rare de voir Cresswell comme ça. Mais c'est vrai aussi qu'on a pas eu trop le temps de le connaître sur une saison comme on a pu connaître AJ.

J'adore ce que Mac pense de lui . Et son histoire avec Emily et très belle.

Une chose est sûre, vivement la prochaine que tu nous écriras.

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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Sam 14 Oct - 21:10

merci à tout le monde!!
Il faut dire que j'avais vraiment une trouille bleue de la poster et puis finalement je me suis rendue compte que ça n'était pas si terrible que ça, et qu'on a envie de recommencer... Même si j'avais toujours une petite appréhension avant de poster...
En tout cas je suis super heureuse qu'elle vous ait plu parce que j'y ai passé beaucoup de temps et que je l'ai fort travaillée!!
Je ne sais pas quand viendra la prochaine. J'ai beaucoup de choses à faire pour l'instant, mais je promets que ce ne sera pas la dernière.

Merci encore à toutes pour votre soutien!!!


Dernière édition par le Dim 15 Oct - 15:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Aimez-moi (terminée)   Dim 15 Oct - 2:24

j'espère que cela va te rassurer mais je px te dire que dès la première lecture, on sent le travail que tu as accompli

Le cheminement est lent et très bien mené à un tel point que j'ai adoré la fin... je ne pourrais l'expliquer vraiment, mais les derniers mots de Mac... résume le tout d'une façon si magnifique que j'adore complètement...

Par ces simples mots, elle conçoit le fait qu'elle est tjs & encore une femme désirable & qui peut encore connaitre l'amour...

Magnifique travail & je suis heureuse d'apprendre que ce ne sera pas ta dernière fanfic

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