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 La force des Maux ( En cours)

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Macab
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MessageSujet: Re: La force des Maux ( En cours)   Jeu 14 Juin - 16:20

Merci bcp Coco pr ton commentaire! mouah

Tite chuite

Aéroport International de Dulles
Washington DC

Le vol du Major venait d’atterrir sur le sol de Washington. Les températures n’étaient pas les mêmes, la chaleur de Phoenix s’avérait beaucoup plus agréable. Elle était impatiente de revoir celui pour qui son cœur battait et surtout, elle espérait que son retour plus tôt lui fasse grand plaisir. Mac était excitée comme une puce à l’idée qu’elle pourrait le surprendre dans son appartement entrain de faire tout et n’importe quoi. Elle avait eu envie de l’appeler pour lui vendre la mèche une bonne dizaine de fois, mais voir la réaction en face lui procurait un intense bonheur.
L’heure se faisait pressante. Récupérer les bagages lui sembla une éternité, surtout qu’elle n’avait qu’une valise de petite taille mais qui pourtant nécessitait une mise en soute. Lorsque sur le tapis roulant, elle aperçut ses affaires, elle les attrapa avec toute la force qu’elle avait et s’extirpa de la foule qui attendait- à l’instar d’elle-même. Elle traversa le grand hall et se dirigea vers la sortie. Une horde de taxi était toujours là, prête à décoller aux moindres gestes. L’aéroport de Dulles était un des plus fréquentés du pays, si ce n’était le plus assailli avec l’aéroport de Los Angeles. L’homme basané descendit en un temps record de sa voiture, ouvrit le coffre, y déposa le sac du Major et attendit qu’elle ne monte à l’intérieur pour fermer la portière avant de revenir s’asseoir devant le volant. Il appuya sur le bouton qui démarrait le décompte du compteur et regarda dans son rétroviseur attendant qu’on lui donne l’adresse exacte.
Sarah lui indiqua le lieu où elle voulait se rendre, puis se concentra sur le paysage qui défilait. Les doigts de sa main droite trituraient la bague de son annulaire gauche. Impatiente, heureuse, peureuse également, elle sentait son cœur s’emballer.
Les kilomètres lui parurent plus longs que d’habitudes, les minutes une éternité. Enfin, elle reconnut le café du coin de la 6ème rue de Georgetown. Son quartier était un melting-pot de nationalités. Non loin de son immeuble, elle pouvait manger selon sa guise : italien, chinois, anglais, et le summum pour elle : français. La cuisine raffinée du chef qui tenait l’établissement l’avait conquise. C’était Harm qui lui avait fait découvrir les délices du steak sauce bleue avec de petits légumes sautés dans une poêle avec un filet d’huile d’olive de méditerranée. Un subtile mélange des goûts et des odeurs qui chatouilla et encensa ses papilles.
Enfin, le véhicule s’arrêta devant l’entrée. Elle sortit la monnaie et alla rejoindre sa valise qui l’attendait déjà sur le trottoir. D’où elle se trouvait, elle ne pouvait apercevoir si son appartement était allumé ou non.
Elle pénétra dans son immeuble et grimpa les escaliers qui la menèrent à son étage. Elle s’avança jusqu’à sa porte où elle tourna doucement la poignée. Mais, à sa grande surprise, le déclic de l’ouverture ne se fit pas. Elle poussa un peu avec sa hanche, la porte de bois qui pouvait des fois être un peu dur, mais en vain. Harm n’était pas chez elle et un sentiment de déception s’empara de tout son être. Elle chercha dans son sac à main son trousseau de clé. Une fois à l’intérieur, elle comprit qu’il n’avait pas dû être beaucoup à la maison.. Les persiennes à moitié closes et les doubles rideaux tirés. Le voyant du répondeur clignotait et pourtant aucun message n’était enregistré. Elle chercha sur le mobilier le moindre petit mot de la part de son amant lui indiquant ce qu’il faisait mais elle ne trouva que quelques tâches de café sec sur le bord de la table de la salle à manger et une tasse posée non loin sur le meuble de téléphone.
Elle décida alors de ne pas le déranger et de prendre une douche afin de l’attendre. Une idée aussi saugrenue lui traversa l’esprit et elle sourit malicieusement. Elle espérait qu’il ne rentrerait pas avant qu’elle n’ait fini de se préparer…pour lui donner une soirée inoubliable afin qu’il comprenne qu’il lui avait manqué.



Quelque part en Russie

Confinés dans la voiture, Alexei et Harmon Rabb Junior attendaient l’arrivée du contact russe. Lui aussi anciennement dans le KGB, il n’en était pas réellement parti. Une nation ne pouvait se passer d’espion, surtout concernant la Russie. Les enjeux socio-politiques avaient une telle importance pour la bonne marche du monde oriental qu’il était quasi-nécessaire d’avoir sous sa coupe un nombre incalculable d’agents. Bons ou mauvais, prêts à défendre le pays contre toute attaque. Les phares éteints afin qu’ils ne se fassent pas repérer, une vielle Chrysler, défoncée sur l’aile gauche, se gara au niveau de la voiture d’Alexei, en sens inverse. Seul le rouge incandescent de la cigarette allumée, de l’homme au visage indiscernable, brillait.
Ils entamèrent une conversation dans leur langue natale ce qui laissa Harm perplexe. Il regrettait de ne pas avoir le don de sa compagne pour les langues étrangères. Il n’avait jamais pris le temps d’étudier correctement à l’école, trop obsédé par un seul et unique dialecte : celui de la contrée du Viet-Nam où il était soi-disant retenu prisonnier.
La voiture démarra au quart de tour, et son ami crispa ses mains sur son volant. Il appuya sur la pédale d’accélération après avoir démarrer. Il se fit le plus silencieux et le Capitaine commençait vraiment à s’inquiéter.

_ Qu’a-t-il dit ?

_ Rien de bien intéressant, Patron.

_ Comment ça « Rien de bien intéressant » ? commença à s’énerver Harm.

Il haussa simplement les épaules et continua de garder son regard fixé sur les rues étroites et mal éclairées.

_ Alexei, qu’est ce qui se passe ?

Mais il entendit comme un écho de sa propre voix à l’intérieur de l’habitacle.
Ils continuèrent ainsi sur plusieurs kilomètres mais Rabb ne sut pas dire combien ils avaient pu en parcourir. Ils avaient simplement quitter la ville et se dirigeaient le long d’un chemin totalement désert où aucun arbre ne venait troubler les bas côtés.
Ce dont il était sûr c’était qu’ils ne retournaient pas à la cabane d’Alexei. Une pointe d’angoisse s’empara de lui, quand il réfléchit au fait que, peut-être, celui qui l’avait mené dans cette barque le trahissait depuis le début.
Au moins, le ciel était si dégagé qu’il pouvait voir la plupart des constellations. La seule fois où il avait pu réellement apprécier un tel spectacle remontait à son enfance, dans la ferme de sa grand-mère, éloignée de toute pollution citadine. Mais depuis, il n’avait plus jamais levé les yeux pour les inspecter. Car, regarder le ciel c’était se souvenir qu’il avait été pilote, à l’instar de son grand-père et de son père, mais que, contrairement à eux, le sort en avait été autrement.
La voiture ralentit et pénétra sur un chemin bossué. Les amortisseurs flanchaient de temps à autres et chaque passage dans un trou devenait un saut dans la voiture. Le faîte de la tête du Capitaine touchait irrémédiablement le tissu et le haut dur de la voiture.

_ On y est, Patron.

La voix calme d’Alexei ne l’apaisa pas. Bien au contraire. Ici, il n’y avait rien. Il pouvait le supprimer à sa guise, et personne ne le retrouverait avant des lustres. L’image de Mac souriante submergea son esprit. Harm déglutit difficilement et espéra qu’enfin, il allait savoir.

_ Qu’est ce qu’on fait ici ? demanda-t-il.

_ Vous allez rencontrer ce fameux Rabb, Patron.

Les moustaches d’Alexei montèrent. Le russe souriait, content de son exploit. Le cœur d’Harm s’emballa à nouveau. Il sentit comme une chaleur l’envahir. Dans quelques instants, son père, sûrement amoindri et très faible, apparaîtrait devant lui.

A suivre

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MessageSujet: Re: La force des Maux ( En cours)   Jeu 14 Juin - 18:01

SUPER
VIVEMENT LA SUITE!!!
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MessageSujet: Re: La force des Maux ( En cours)   Ven 15 Juin - 20:10

Oups, Mac est rentrée et Harm est toujours en Russie.

J''espère qu'il va lui trouver une bonne excuse pour ne pas avoir été là. A moins qu'il ne lui dise la vérité et qu'il était là bas pour aller à la recherche de son père. Mais comment prendra-t-elle ça si elle l'apprend. Qu'il soit parti sans elle.

Et on va bientôt davoir si c'est le bon Rabb qui est là.

Super suite et vivement la prochaine.
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MessageSujet: Re: La force des Maux ( En cours)   Mer 20 Juin - 12:43

Merci pour vos commentaires! :D

Voici une toute petite suite, en espérant que celle ci vous plaira toujours!


Appartement de Sarah Mackenzie
Georgetown

Elle était parée de sa nuisette. Il l’adorait dans ce vêtement de voile qui recouvrait vraiment très peu de sa peau. Depuis, plusieurs heures maintenant, elle guettait les moindres pas dans le couloir, les plus petits bruits de voitures dans la rue. Elle avait dû faire au moins cent fois le chemin qui reliait sa fenêtre à son sofa. Elle s’était limé les ongles pour essayer de passer le temps, avait tenté de se concentrer sur un roman pourtant d’habitude très prenant, avait allumé la télévision… rien n’y faisait. Sarah Mackenzie était inquiète. Mais, paradoxalement, elle ne voulait pas lui montrer ô combien elle pouvait être dépendante de lui. Elle se retenait de l’appeler. Harm avait toujours ses moments où il disparaissait juste quelques heures pour se ressourcer, se retrouver et faire le point seul. Ca n’était pas pour cela qu’il l’aimait moins, mais il avait besoin d’avoir du temps rien que pour lui, décrocher de sa vie quotidienne, de sa routine pour réfléchir.
Elle déplia le plaid posé sur le dos du canapé qu’elle installa sur ses jambes et cuisses dénudées. Elle prit la télécommande et zappa sur les différents canaux. Avoir 350 chaînes pouvaient être un avantage comme un inconvénient. Parfois, il n’y avait rien de vraiment intéressant. Cependant, elle tomba sur la chaîne CBS qui diffusait une série qu’elle ne connaissait pas. D’habitude, elle se branchait sur ZNN, la chaîne d’informations militaires en continue mais, elle appréciait aussi, de temps à autre, de décrocher de son boulot.
Elle se réveilla avec la chair de poule. Elle s’était assoupie devant l’écran sans même s’en rendre compte. Elle ne savait pas depuis combien de temps cela avait duré, mais le petit cadran de l’horloge posée sur le bord de la cheminée indiquait bientôt quatre heures du matin. Harm n’était visiblement toujours pas rentré. Jamais, il n’avait découché après s’être isolé. Il arrivait toujours à tant pour le dîner ou bien pour le coucher. Elle pensa qu’ il pouvait avoir eu envie de dormir dans son appartement
Elle se leva et s’enroula dans la couverture de flanelle. Elle vint se positionner sur le bord opposé de son canapé et attrapa son combiné. Elle composa le numéro qu’elle connaissait par cœur. Elle tomba directement sur le voix de son partenaire, annonçant qu’il n’était pas disponible actuellement mais qu’il rappellerait dès qu’il le pourrait. Elle hésita à laisser un message puis le bip la prit au dépourvu.

Harm, chéri. C’est moi. Je suis rentrée plus tôt pensant te trouver à la maison. Je suis inquiète voilà plusieurs heures que je patiente. J’espère qu’il ne t’est rien arrivé. Ne réfléchis pas trop sur ton père, tu veux ? Je t’aime. Bip moi sur mon téléphone pour que je sois rassurée dès que tu as ce message.

Elle raccrocha et reposa le combiné sur son socle. Elle décida d’aller se mettre sous les couvertures, même si le sommeil ne viendrait sûrement pas tout de suite, elle serait au moins au chaud.
Elle rabattit le drap et la couette, et laissa le dessus de lit au pied. Elle plaça les oreillers confortablement. Elle s’allongea colla les bras contre son corps, après avoir tiré sur le drap et la chaude couverture et descendit dans le fond du lit pour que le bout de nez soit recouvert. Mais elle ne resta pas longtemps ainsi, préférant prendre la position fœtale qu’elle aimait tant. Tout à coup, elle se rappela qu’elle avait laissé son téléphone portable dans son sac à main dans l’autre pièce, et elle attendait que son amoureux la rappelle. Elle expira fortement, s’insultant implicitement de tête de mule. Elle courut jusqu’à l’objet désiré et le mit en silencieux. Elle revint se mettre dans son moelleux lit et coinça le téléphone sous son oreiller duveteux. Réitérant le geste d’un bébé dans le ventre de sa mère, elle essaya de trouver le sommeil. Mais, elle n’avait jamais réussi à faire une nuit en deux fois. Et l’idée de ne pas savoir où Harm pouvait être l’enquiquinait. Son esprit divaguait et elle se mit à imaginer des choses dont elle n’aurait pas soupçonné. Dans le noir, seule, allongée, sans connaître les raisons de l’absence de l’homme qu’elle aimait, sa raison lui mit l’image d’Harm dans les bras d’une autre femme. Gênée par cela, elle secoua la tête et enfonça son visage sur le coussin qui soutenait généralement le tête de son amant. Puis, elle passa sa main sous son oreiller et récupéra son mobile. Elle ouvrit le clapet et alla directement dans les messages écrits. Comme des gamins, il arrivait qu’ils s’échangent des mots doux lorsqu’ils étaient séparés trop de temps à leur goût.
Elle en relut certains et finit par s’en aller dans les bras de Morphée.

TBC

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MessageSujet: Re: La force des Maux ( En cours)   Mer 20 Juin - 14:06

Rho j'en connais un qui va avoir du mal à expliquer tout ça. Ah moins qu'il ne soit vraiment honnête avec elle. Mais là elle sera quand même fâchée contre lui. A moins qu'il ne trouve une bonne excuse comme quoi il a été envoyé sur une mission et qu'il n'a pas eu le temps de la prévenir.

J'espère juste que tout ça ne va pas les éloigner l'un de l'autre et les faire rompre.

Vivement la prochaine suite.
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MessageSujet: Re: La force des Maux ( En cours)   Mer 20 Juin - 15:12

TROP BIEN
LA SUITE STP
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MessageSujet: Re: La force des Maux ( En cours)   Ven 29 Juin - 18:01

En Russie

Le vent souffla une petite rafale bien vive. Une de celles qui fouettait la peau, et piquait même les épidermes les moins sensibles. Un homme sortit d’une camionnette garée non loin de la voiture d’Alexei. Harm n’avait même pas remarqué qu’elle était là. De la couleur de la nuit, la lune n’étant pas une adjuvante au niveau de la luminosité, il distingua très mal la silhouette qui s’approchait.
Bientôt, il put distinguer malgré sa vision défaillante l’allure courbée de la personne qui arrivait. Il marchait doucement et avait ses mains dans les poches de son imperméable. Son père était sans doute voûté par l’âge et les expériences qu’il avait vécues au cours des dernières années. C’était inévitablement pour cela, que le Capitaine n’arrivait pas à reconnaître la grande taille de son père, celle qu’il avait eu en lègue lui aussi. Mais plus les secondes passaient et plus il comprit que son rêve se transformait en une sorte de doux mirage. Quelque chose d’éphémère. La force de l’esprit peut transformer une image ou en créer une selon la volonté. Devant Harm se tenait bel et bien un lieutenant. Mais pas Harmon Rabb Senior. Non, Sergeï Zukov, son demi-frère. Un Rabb lui aussi, mais pas celui à qui il s’attendait.

_ Harm, mon frère, fit ce dernier.

Il ouvrit les bras invitant ainsi Harm à une étreinte fraternelle. Décontenancé et abasourdi par ce qu’il venait de subir émotionnellement, il se laissa aller dans cette accolade. Mais nul ne put dire si les bourrasques de vent glacial ou si les larmes étaient l’auteur des gouttes qui ruisselaient le long de ses joues râpeuses.
Alexei émit une petit sourire en coin, heureux d’avoir réuni deux frères. Il se sentit, tout à coup, presque de trop dans cet instant sensé être inoubliable.

_ Que t’est-il arrivé, Sergeï ?

_ La Tchéchénie m’a fait prisonnier, mais j’ai réussi à fuir, expliqua le jeune homme aux yeux tout aussi bleus que son aîné.

_ Pourquoi, Rabb ? fut la seule question qui lui vint à l’esprit.

_ Parce qu’en révélant un nom américain j’étais sûr de rester plus longtemps en vie. En étant dans l’armée russe mais en possédant un nom de l’autre coté de l’océan Atlantique, ils allaient vouloir absolument m’interroger. Ils me prendraient pour un traître, une sorte de double espion.

Le Capitaine resta coi. Il ne savait pas vraiment comment se comporter. Certes, il était content de retrouver son demi-frère, mais tellement déçu d’avoir cru à ce que son père soit encore vivant. A 35ans, il s’aperçut à quel point il pouvait être naïf. L’histoire de son passé, son père était son point faible. En chaque homme sommeille un héros. Un héros qui, comme Achille et son talon, périt toujours par faiblesse. Il n’était pas un surhomme après tout. Son cœur battait pour sa femme, son métier, son pays, ses convictions et avant tout sur l’espoir. L’année dernière, ce qu’il avait pu apprendre sur Harmon Rabb Senior s’avérait être réel : mort et enterré dans un endroit où la sépulture resterait secrète jusqu’à la fin des temps. Le seul endroit de recueillement possible semblait être le mur, définitivement lieu de pèlerinage de milliers de familles. Au moins, il n’avait plus rien à attendre de son passé. Il ne nourrissait plus aucune aspiration à retrouver celui qu’il considérait comme la pièce majeure manquante au puzzle de sa vie. Il lui e avait pourtant voulu, quand il avait appris que son père s’était amouraché d’une autre femme que sa mère et, à qui, il avait donné un enfant. Un autre fils. Lui aussi, réplique d’un père disparu. Frères, tous deux engagés, tous deux victimes d’un même destin dans un pays différent. Leur point commun ne pouvait être que l’amour qui les unissait par le sang à cet homme disparu.

_ Viens aux Etats-Unis, lança Harm.

_ Je ne peux pas.

_ Pourquoi ? Tu es en fuite, sûrement recherché activement par les Tchétchènes.

_ Je n’ai plus de papiers, Harm.

_ Les faux-papiers ce n’est pas ce qui manque en Russie, rétorqua le Capitaine.

Il se tourna vers Alexei, qui fumait une cigarette, en retrait.

_ Vous pouvez nous trouver un passeport ?

_ Tout est possible, Patron, tant que vous payez.

Il recracha les restants de fumée inhalée par le nez. Sergeï posa sa main sur le bras de son demi-frère.

_ Je viendrais Harm. Je te le promets, mais pour l’instant, il faut que je règle quelques problèmes ici.

Harmon Rabb Junior s’était promis de ramener son père sur le sol américain s’il l’avait retrouvé. Malheureusement, ce n’était pas lui, mais le sang qui coulait dans les veines du jeune homme en face de lui comportait 50% du sien. Il ne ramènerait pas Rabb Senior, mais Rabb Junior troisième du nom.

_ Je ne vais pas te laisser ici, polémiqua-t-il.

Un sourire vint se former sur les lèvres du Lieutenant russe.

_ Ne sois pas ridicule. Tu as ton travail, ta nation à défendre…Et peut-être une femme qui t’attend et qui sûrement s’inquiète déjà que tu sois dans ce pays.

Il avait trouver les bons mots pour le convaincre. Et par cette simple réponse, il avait compris que Sergeï était aussi têtu et borné que lui-même pouvait l’être. Il avait agi avec ses sentiments et son instinct en quittant Washington, pratiquement du jour au lendemain, sans rien dire à personne. L’Amiral lui avait donné un congé d’une semaine afin de « reprendre ses esprits, bon dieu » avait juré le Pacha. Mac enquêtait à Phoenix pour une délicate affaire.

Mac.

Tout à coup, tout lui revint à l’esprit. Elle devait l’appeler tous les soirs. Et encore une fois, il n’avait pas branché son téléphone. Il savait qu’il devrait se justifier de son absence. Harm ne voulait plus rien lui cacher. Il lui expliquerait le tout quand il serait à Washington, dans ses bras. L’instant présent demandait qu’il ne s’intéressât qu’à son frère.

_ Je vais devoir repartir, Harm.

La voix de Sergei était posée et il ne semblait pas avoir la moindre peur, tout du moins détectable par son timbre et son intonation.

_ Prends soin de toi. Je t’attends à Washington.

Ils s’accolèrent à nouveau et chacun frappa l’épaule de l’autre. Les hommes étaient beaucoup plus prudes et réservés que leurs homologues féminins dans ces cas là. Une frappa amicale, fraternelle n’était pas seulement le signe d’une joie intense. Ce geste rassemblait en lui tout un panel de sentiments.
Ils se séparèrent et Sergeï repartit en direction de sa camionnette. Le vent soufflait encore et l’imperméable pourtant bien attaché contre son corps suivit le mouvement du vent. On aurait pu en faire un tableur majestueux, une sorte d’image de la période romantique : celle de l’homme en harmonie avec la nature, seul face à lui-même et aux éléments.

Alexei ouvrit la portière du passager, invitant Rabb à se mettre à l’intérieur. Chacun repartait de son côté. Harm devait laisser la seule chose qui le rapprochait un peu plus désormais de son père.
Le bruit d’un moteur encrassé s’éloigna et seul l’écho diffusé par les bourrasques indiquaient sa position.

Dans l’automobile de l’agent russe, les deux hommes avaient les yeux rivés sur l’horizon noir.

_ Merci, dit le Capitaine sans décoller son regard de son point de mire.

Alexei ne répondit absolument rien, préférant sourire discrètement et tourner, en même temps, la clé afin de démarrer.

A suivre...

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MessageSujet: Re: La force des Maux ( En cours)   Ven 29 Juin - 22:20

Ah ben ce n'est pas son père, mais au moins il a retrouvé son frère, qui j'espère finira par retourner aux States.

Et c'est bien que Harm va tout raconter à Mac en rentrant. En espérant qu'elle ne soit pas trop fâchée contre lui pour être parti sans lui dire et surtout sans elle.

Quoi que Mac a aussi ses petits secrets et elle devrait en parler avec lui aussi. A eux deux, ils peuvent soulever des montagnes et Harm la soutiendrait dans tout ce qu'elle entreprendrait.

En tout cas, surper suite et j'attends la suite avec impatience.
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MessageSujet: Re: La force des Maux ( En cours)   Sam 30 Juin - 14:14

trop bien
la suite stp
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MessageSujet: Re: La force des Maux ( En cours)   Ven 4 Juil - 14:04

1 an après...voici une suite ! Désolé pour ce manque cruel de temps, pour ce fossé....

Appartement de Sarah Mackenzie
Georgetown


Mac s’éveilla. Elle ouvrit doucement les paupières et confronta ses yeux accoutumés à l’ombre à la lumière ambiante. Les rideaux avaient beau être tirés, quelques rayons malins traversaient le tout petit espace qui séparait les deux pans de tissus. Elle s’étira et le bruit sourd du craquement de sa colonne vertébrale résonna. L’air ambiant lui donna la chair de poule et elle remit rapidement ses membres sous la couette et le drap. Elle bailla. Elle chercha de sa main droite le téléphone perdu dans le lit. Elle n’avait pas été réveillée par la vibration d’un appel ou d’un message reçu, cependant elle préféra vérifier au cas où, bien qu’elle ait le sommeil léger, elle aurait manqué.
Les yeux immobilisés sur le petit écran indiqua ce qu’elle redoutait. Une angoisse envahit tout son être, un sentiment de malaise s’empara de son corps. Des maux de ventre apparurent et les larmes montèrent brusquement. Elle inspira par le nez et gonfla son abdomen. Puis elle relâcha le tout, se concentrant sur ce qui la terrorisait. Par l’expiration, elle évacua la tension qui la tenaillait. La respiration abdominale l’avait toujours calmée dans des moments de stress intense. Elle réitéra ses mouvements plusieurs fois et essaya de trouver un doux souvenir qui la tranquilliserait dans l’immédiat. Harm lui avouant ses sentiments dans la kitchenette lui fit le plus grand bien. Elle avait été tellement surprise qu’elle trouvait cet instant magique. Et son esprit l’avait sans doute idéalisé et transformé en un extraordinaire moment intime. Au même niveau sans doute, que leurs premières nuits.
Mais, subitement un flot de tourments la prit aux tripes à nouveau. Pourquoi Harm voudrait-il rester avec une femme qui pourrait sans doute ne pas lui donner d’enfant ? Pourquoi l’aimait-il autant alors qu’elle traînait avec elle de lourdes casseroles du passé qui l’empêchait de vivre toujours pleinement son bonheur ? Et s’il avait trouvé en une autre femme ce qu’il cherchait ? Elle ne pouvait pas lui en vouloir. Comment aurait-elle pu le haïr pour un geste qu’elle concevait ? Elle aimait tellement le voir heureux, même si cela lui coûtait de l’avoir auprès d’elle. Elle ne s’était jamais vraiment trouvé belle, simplement banale. De nombreux hommes lui avait fait remarqué à quel point son coté iranien lui donnait un exotisme voué aux fantasmes de certains. Oui, sa peau était un peu hâlée, oui elle n’était pas trop mal foutue, mais elle n’avait rien de plus ni rien de moins qu’une quantité de femmes sur terre. A moins que…le malheur qui avait régi sa vie depuis sa plus tendre enfance ne lui donne une beauté qu’elle ne détectait pas. Le malheur rend les gens beaux, avait-elle entendu une fois. Mais ceci l’avait toujours fait sourire. Quelle idée saugrenue que de voir dans le malheur une forme d’ éclat de la personne ! Et pourtant c’était vrai. Les yeux de quelqu’un de dépité, de quelqu’un qui n’a plus rien à perdre, d’une personne ayant toujours cru que les choses ne devaient arriver que d’une manière pessimiste ont un élément indéfiniment surprenant.
Elle se dégagea des couvertures et attrapa une chemise de son compagnon qui était posée sur le dos d’une chaise. Elle l’enfila et releva le col. L’odeur de l’after-shave à la fragrance prononcée lui chatouilla les narines. Elle trouvait un peu ça ridicule de mettre un vêtement lui appartenant et d’humer son odeur mais cela avait le don de l’ apaiser.
Elle boutonna le vêtement et alla rejoindre la cuisine. Elle attrapa au vol son portable sur le matelas encore tiède. Son corps réclamait une dose de caféine. Après ceci, elle irait sans doute courir dans le quartier pour libérer toutes les toxines de stress qui lui pourrissait son temps. Mac se fatiguerait jusqu’à ce qu’elle en tombe écroulée au sol. Jusqu’à ce que ses muscles pleurent de douleurs à la place de ses yeux.
Sarah versa une grande quantité de café dans le filtre, ajouta l’eau dans le compartiment prévu à cet effet et appuya sur le bouton « on » de la machine. Elle tendit le bras et alluma la radio où la voix masculine, qu’elle connaissait comme si elle vivait avec cette personne, annonçait les faits divers de Washington et de la Virginie.
L’odeur de la torréfaction des grains déjà moulus éveilla son odorat. Mais, finalement, au lieu de l’allécher, celle-ci la dégoûta. Elle n’avait plus envie de boire ce café. Elle débrancha le poste et la cafetière et retourna dans la chambre, où elle enfila son jogging, une paire de chaussettes, un sweater des Marines et sa paire de tennis. Ce dont elle voulait vraiment, c’était avoir des nouvelles de celui qu’elle aimait pour ne plus être dans l’expectative.
Le chien de la voisine grogna et gémit quand il entendit le cliquetis de la clé dans la serrure. Certaines choses étaient immuables et rassuraient.

A peine en bas des escaliers, la militaire entama sa course effrénée.

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MessageSujet: Re: La force des Maux ( En cours)   Ven 4 Juil - 16:19

Ah génial une suite de ta magnifique fic.

Merci Macab, même si on a attendu, ça valait le coup.

J'espère juste que la suite arrivera plus vite
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MessageSujet: Re: La force des Maux ( En cours)   

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La force des Maux ( En cours)
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